Chaque année, l'Indre perçoit une diminution inquiétante du nombre d'élèves, avec une prévision de 800 élèves de moins d'ici 2025. Cette tendance, corrélée à une réduction du nombre de classes, affecte directement le futur des établissements scolaires. Quelles mesures peuvent être prises pour inverser ce phénomène et optimiser l'utilisation des infrastructures vacantes ? Des défis majeurs pour les maires de la région.
L'année dernière, en mars, les acteurs de l'éducation — services de l'Éducation nationale, syndicats, et élus — se sont réunis pour redéfinir la carte scolaire. Malheureusement, de nombreuses communes ont été contraintes de fermer des classes. "On ne peut pas conserver toutes nos écoles», confie Claude Mériot, maire d'Oulches et ancien enseignant. Selon lui, l'absence d'élèves dans les écoles multi-niveaux nuit à la préparation des enfants à l’entrée en sixième dans les collèges urbains.
Les regroupements pédagogiques intercommunaux : une solution temporaire ?
Actuellement, si une école souhaite fermer, elle doit obtenir l'aval du maire. Ce dispositif pousse des élus à adopter le modèle du regroupement pédagogique intercommunal (RPI). "Ce modèle a donné des résultats satisfaisants dans les années 80, mais nous approchons des limites de cette approche. Des RPI de RPI pourraient être nécessaires," précise Claude Mériot. Cela entraîne des complexités, notamment en matière de transport scolaire.
Roland Caillaud, maire de Pouligny-Saint-Pierre, évoque la rigidité du système actuel. "Le ramassage scolaire est mal adapté à la ruralité ; il faudrait que les communes prennent en charge cette gestion pour plus de flexibilité," propose-t-il.
Renforcer l'usage des infrastructures scolaires
Face aux baisses d'effectifs, les élus envisagent différentes solutions pour réutiliser les espaces devenus trop grands. Accueillir des crèches dans d'anciennes classes ou fusionner les services avec les collèges sont des options explorées. "Le rapprochement entre crèche et école pourrait alléger le quotidien des parents et faciliter les transitions éducatives", suggère Claude Mériot.
Les bâtiments scolaires nécessitent également des adaptations pour répondre aux enjeux climatiques. Les communes peuvent compter sur des subventions étatiques pour opérer ces transformations.
Concernant les locaux désaffectés, plusieurs initiatives ont vu le jour : conversion en gîtes, résidence d'artistes comme à Néons-sur-Creuse, ou transformation en logements. "Toutes ces solutions sont envisageables pour éviter la dégradation de nos infrastructures," conclut Claude Mériot.
Les maires de l'Indre se trouvent devant des défis cruciaux et urgents. La diminution continue du nombre d'élèves dans la région impose une réflexion rapide pour préserver l'avenir éducatif des jeunes Indriens.







