Au tribunal correctionnel de Rennes, le procès des quatre policiers impliqués dans la mort d'Allan Lambin, survenue en garde à vue, a suscité un vif intérêt. Ce jeune homme de 19 ans est décédé dans sa cellule dans la nuit du 9 au 10 février 2019, à la suite d'une asphyxie due à son état d'ébriété et à une chute dans les toilettes. Le parquet a requis une peine de six mois de prison avec sursis contre chacun des agents, soulignant que la négligence dans leur mission de surveillance a gravement compromis la vie d’Allan.
Selon des rapports d'enquête, les agents n'ont pas respecté la procédure qui impose des rondes régulières pour vérifier l'état des personnes en garde à vue. Des manquements notables ont été relevés, comme le fait de n'avoir pas effectué de ronde physique ce soir-là, malgré des événements sous tension dans le commissariat. L'un des prévenus a admis qu'ils avaient été « accaparés par d’autres tâches », une excuse qui n'est pas recevable aux yeux du procureur. D'après lui, l'absence de surveillance a fait « perdre toute chance de survie » à Allan.
Maître Hélène Laudic-Baron, l'avocate représentant la famille Lambin, réclame un préjudice d'au moins 40.000 euros pour la souffrance subie par le jeune homme et 75.000 euros pour la douleur morale de son père. Elle souligne que son client vit une véritable descente aux enfers depuis la perte de son fils : « Il passe ses jours au cimetière, il meurt à petit feu », a-t-elle déclaré devant le tribunal.
Des experts du domaine judiciaire affirment que cette affaire met en lumière les failles systémiques dans la gestion des garde à vue en France. La Dépêche du Midi a rapporté que des accidents similaires ont été signalés dans d'autres commissariats, soulignant un besoin criant de réformes dans les protocoles de sécurité. L’absence de suivi adéquat pourrait potentiellement aboutir à d’autres tragédies si des mesures correctives ne sont pas mises en place.
L’audience se poursuivra avec les plaidoiries des avocats de la défense, promettant de renforcer les tensions autour de cette affaire tragique. Allan Lambin, dont la mort aurait pu être évitée, demeure au cœur d’un débat sur les responsabilités des forces de l’ordre et l’importance des procédures dans la protection des individus sous leur garde.







