Paris (France) – Lactalis a annoncé, mercredi, un rappel massif de lait infantile touchant la France et de nombreux pays à l'échelle mondiale, y compris la Chine, l'Australie et le Mexique. Ce rappel s'inscrit dans une série d'alertes similaires émises par divers fabricants récemment.
La décision de Lactalis repose sur des inquiétudes quant à la présence de "céréulide", une substance bactérienne pouvant entraîner des symptômes de diarrhées et de vomissements, comme précisé dans un communiqué de presse de la compagnie.
En France, la marque particulièrement visée est Picot, avec six lots concernés, notamment les pots "Picot Nutrition Quotidienne 1er âge" (400g, 800g et 850g), les "Picot Nutrition Quotidienne 2e âge" (800g et 850g), ainsi que le "Picot AR 2e âge" (800g). Ces produits étaient disponibles tant en pharmacies que dans les grandes surfaces.
Pour le reste du monde, une liste de seize pays, incluant notamment l'Australie, le Chili, la Chine, et bien d'autres, a été communiquée par une porte-parole de Lactalis à l'AFP.
Le rappel concerne quelques lots à l'échelle globale, selon Lactalis, qui n'a pas pu fournir de détails immédiats sur tous les produits concernés.
Un "fournisseur international" sous surveillance
Une enquête a révélé qu'un "fournisseur international" de la molécule ARA, composant certains laits pour bébés, était impliqué dans cette alerte. Lactalis a choisi de ne pas révéler l'identité de ce fournisseur, mais a confirmé qu'il était distribué par un grossiste européen avec lequel ils collaborent.
Cette situation fait suite à une alerte de l'association Alliance 7, qui regroupe des syndicats de la nutrition spécialisée. Bien que les premières analyses aient montré des résultats conformes, des tests supplémentaires effectués sur le produit préparé pour les biberons ont mis en évidence la présence de céréulide, poussant Lactalis à agir par précaution.
"Nous sommes conscients de l'inquiétude que cela peut générer chez les parents"," a déclaré le groupe, en soulignant qu’aucun incident n’avait été signalé aux autorités françaises à ce jour.
Le secteur laitier mondial est troublé par nombre de rappels récents concernant des produits pour bébés. Par exemple, l'agence alimentaire de Singapour a aussi émis un rappel pour des laits infantiles de la marque Dumex, propriété de Danone, confirmant que seule une petite quantité avait été bloquée à la demande des autorités.
Des rappels qui secouent l'industrie
De plus, début janvier, plusieurs filiales de Nestlé en Europe, dont celles en Allemagne, en Italie et en France, avaient également initié des rappels volontaires pour certains de leurs produits. Selon les derniers rapports, ces rappels touchent actuellement environ soixante pays.
Le PDG de Nestlé, Philipp Navratil, a présenté ses excuses pour la gestion de cette situation, insistant sur le fait qu'aucun cas de maladie n'a été confirmé en lien avec les produits rappelés. Il a surtout qualifié ce processus de "précaution".
Tandis que les autorités sanitaires françaises continuent leurs investigations après un décès tragique d'un nourrisson ayant consommé du lait de Nestlé engagé dans un rappel, la communauté parentale reste en alerte face à la sécurité des produits infantiles disponibles sur le marché.
© 2026 AFP







