Le mécénat fiscal, tout en étant un sujet technique, soulève des débats politiques essentiels. Dans une enquête récente publiée par L’Incorrect, des interrogations apparaissent concernant le statut d’Osez le Féminisme !, une association féministe fondée en 2009 et reconnue d’intérêt général depuis 2015. Grâce à ce statut, les donateurs peuvent bénéficient de réductions d’impôt allant jusqu’à 66 %, ce qui signifie qu'une partie des dons est indirectement prise en charge par l'État français.
Une identité militante assumée
Comme l'indique L’Incorrect, le véritable problème réside dans le fait qu'Osez le Féminisme ! ne se considère pas comme une simple structure associative. Son identité s’ancre dans des revendications “féministes, progressistes, universalistes, intersectionnelles et abolitionnistes”. Ce positionnement alimentant ses principales actions publiques, notamment à travers des campagnes visant à débattre sur le prosélytisme prostitutionnel, la procréation médicalement assistée (PMA) et la participation active au débat médiatique.
Ce qui pose question est moins la légitimité de son militantisme que la compatibilité entre ses engagements idéologiques et les bénéfices d'un mécénat fiscal. Selon le Code général des impôts, ce statut est prévu pour des organismes d’intérêt général qui ne sont pas principalement politiques. Ainsi, L’Incorrect fait remarquer qu'Osez le Féminisme ! semble davantage engagé dans un plaidoyer que dans une assistance directe aux individus.
En outre, l’association ne se limite pas aux campagnes d'opinion. En 2021, elle avait porté une action devant le conseil de prud’hommes de Bobigny contre Endemol et le concours de Miss France, une décision qui, bien que légale, renforce l'idée d'une organisation impliquée dans des stratégies militantes plus complexes.
Des finances opaques
Un autre sujet d’inquiétude est l'opacité entourant les finances de l'association. Bien qu'elle prétende jouir d’une indépendance financière, L’Incorrect souligne que ses comptes ne sont pas accessibles dans les bases publiques. Cela complique toute tentative de vérifier le volume exact des dons défiscalisés ainsi que les recettes commerciales liées à la boutique en ligne qu’elle gère, où des livres et autres produits sont en vente.
Contactée pour commenter ces préoccupations, Osez le Féminisme ! n’a pas répondu. Ce silence soulève une question cruciale : jusqu’où peut-on considérer qu’une structure qui s’implique dans des débats sociétaux clivants relève de l’intérêt général ?







