Pendant plus de deux ans, la situation ne cessait d'évoluer sans que rien ne change, se remémore Alice. Un an après avoir emménagé il y a sept ans, elle constate l'apparition de fissures sur plusieurs murs de son habitation. Sa fille, qui a sa chambre à l'étage, observe quotidiennement que des morceaux de placo se détachent et tombent dans les toilettes, témoigne-t-elle avec inquiétude. Elle n'est pas seule à affronter ce phénomène de retrait-gonflement des argiles qui affecte le quartier de la Houssais. Nous nous sentons désarmés, confie Marie-Noëlle, une autre résidente concernée.
Un phénomène préoccupant en été
Dans son bureau, Marie-Noëlle dévoile une pochette remplie de courriers adressés à la mairie. J'ai envoyé des documents illustrant mes problèmes, mais la commune m'a déclaré qu'elle n'était pas reconnue comme en état de catastrophe naturelle, déplore cette retraitée. En conséquence, son assurance n’a pas pris en charge les dommages. Regardez, indique-t-elle en pointant son mur fissuré. La fissure débute dans le hall, grimpe jusqu'au plafond et le traverse complètement.
Cette problématique se manifeste surtout pendant l'été, selon Claire. C'est souvent entre juin et août que les fissures apparaissent, surtout quand les températures augmentent. Elle a déjà dépensé près de 30.000 euros en frais d’avocat, d’experts et de réparations dans sa maison. Bien que la structure soit soutenue par 20 pieux, il est essentiel de continuer à la renforcer pour préserver son intégrité, prévient-elle, ajoutant qu'ils envisagent de réaliser des travaux pour créer une pièce supplémentaire.
Un collectif d'habitants en action
Face à la situation préoccupante, Marie Charpentier a décidé de ne pas rester inactive. En novembre dernier, elle a crée le collectif des Rezéens avec une habitation fissurée (CRHF), qui compte à présent une vingtaine de membres. Le bouche-à-oreille commence à porter ses fruits, se réjouit-elle après avoir rencontré des députés, comme Julie Laernoes et Sandrine Rousseau, qui ont déposé une proposition de loi pour améliorer les indemnisations des dommages causés par les mouvements d'argile.
Marie souligne que ce collectif offre un soutien moral et logistique. Jusque-là, chacun agissait isolément, mais nous prenons conscience qu'ensemble, nous sommes plus forts, affirme-t-elle. Les coûts des interventions, comme l'injection de résine expansive ou la mise en place de pieux, sont conséquents. De plus, il y a une dévaluation inévitable de notre patrimoine immobilier, observe-t-elle, insistant sur la nécessité d'un retour au soutien financier, au moment où les systèmes d'assurance deviennent de moins en moins opérationnels.
Marie-Noëlle conclut avec une note d'exaspération : Nous n'avons pour l'instant que nos yeux pour pleurer.







