Angèle Ménétrier d'Aéroscopia évoque un métier souvent méconnu mais essentiel : celui des pilotes d'essai, chargés de tester les avions avant leur mise en service commerciale.
Dans la vaste famille d'Airbus, les modèles comme l'A300, l'A310, l'A320, l'A330 et l'A350 sont habituels, mais l'A220 se démarque. À l'origine, cet avion ne portait pas le nom d'Airbus. Conçu par le constructeur canadien Bombardier dans les années 2000, il était auparavant baptisé CSeries. Son objectif ambitieux : créer un appareil spécifiquement destiné au segment des 100 à 150 passagers, alliant légèreté, silence et une consommation de carburant largement réduite par rapport aux générations antérieures.
Le premier vol de cet avion a eu lieu en 2013, et son entrée en service a été réalisée en 2016. Bien que l'A220 soit techniquement abouti, le coût du programme fut considérable. Face aux difficultés financières, Airbus a acquis une participation majoritaire en 2018, transformant ainsi le CSeries en A220. Ce changement de nom marque son intégration dans la gamme d'Airbus, permettant une numérotation cohérente avec le modèle A320.
Cette acquisition a une portée stratégique : elle permet à Airbus de s'installer sur un marché qu'il ne couvrait pas auparavant. L'A220 n'est pas un remplaçant de l'A320, mais plutôt son complément. Bien qu'il soit plus petit, il peut effectuer des vols longs, apportant une efficacité remarquable sur des lignes régionales ou transcontinentales moins fréquentées. Le modèle se distingue également par sa conception moderne, utilisant des matériaux composites pour alléger la structure, une aile optimisée et des moteurs Pratt & Whitney qui minimisent la consommation de carburant et le bruit.
Qu’est-ce qu’il a d’Airbus alors cet A220 ?
Bien plus qu'on pourrait l'imaginer ! Il adapte la philosophie d'Airbus en matière de cockpit : avionique moderne, écrans numériques, et une logique de pilotage qui simplifie la formation des équipages. De plus, il s'intègre parfaitement à l'offre commerciale d'Airbus. L'A320 est idéal pour des lignes à forte densité, alors que l'A220 brille sur des liaisons moins fréquentées mais longues, capable de parcourir plus de 6 000 kilomètres. Ce paramètre est impressionnant pour un avion de cette taille.
Doté d'une ambition technologique similaire à celle d'Airbus, il utilise des matériaux avancés, présente une aérodynamique optimisée et bénéficie de moteurs de nouvelle génération qui réduisent à la fois la consommation d'énergie et le bruit. En somme, bien qu'il soit issu d'un projet canadien, l'A220 a su se faire une place de choix au sein de la famille Airbus, à l'image d'un cousin adoptif parfaitement intégré.







