Depuis la fin de l’année 2025, toute la production de bouteilles des usines Volvic utilise du plastique recyclé, un changement qui a nécessité neuf années de travail, soutenu au départ par l'Ademe, l’agence de l'État dédiée à la transition écologique. Ce dimanche 27 avril, le musée de la coutellerie de Thiers accueillera de jeunes artistes pour continuer la création d’un imposant ananas rouge d’1,80 mètre de large et 1,60 mètre de haut, dans le cadre du programme « De fil en fil à Versailles », initiative financée par la Fondation Michelin du Puy-de-Dôme.
À l'origine de ce projet culte, le directeur artistique Clément Dubois, qui veille à la cohérence de l'œuvre au fil des trois mois de fabrication impliquant 150 jeunes âgés de 14 à 30 ans. Chacun des participants consacre trois heures de son temps pour faire avancer cette réalisation artistique. "L’ananas est composé de deux types de pétales : une rangée de petites, suivie de deux rangées de grandes, et enfin une autre rangée de petites, ornée de plumes d’autruche au sommet", précise Clément Dubois.
Symbolique de luxe et de noblesse
Le choix de l’ananas n'est pas anodin. Historiquement, au XVIe siècle, ce fruit exotique représentait le luxe et la noblesse : "Les aristocrates rivalisaient pour se procurer des ananas, fruits extrêmement coûteux", explique Dubois. Introduit en Europe après les voyages de Christophe Colomb, l’ananas est devenu un véritable symbole de prestige, si bien que des serres ont été construites à Versailles pour sa culture. Le premier ananas a été intégré à Versailles en 1733, fruit que l’on peut retrouver sur les tapisseries des appartements privés de Marie-Antoinette, une source d’inspiration pour le directeur artistique.
L’ananas géant est intégralement réalisé à partir de matériaux de seconde main. "C’est du rebut, des éléments destinés à la poubelle. Le tissu que nous utilisons, bien qu’il soit du damas de soie, n’était plus en usage, d'où son envoi par le château", précise le directeur artistique.
Un apprentissage unique
Les jeunes impliqués témoignent de leur expérience enrichissante. Liliane, 16 ans, affirme : "On a eu la chance de manipuler des tissus utilisés au château de Versailles, c'est incroyable !". Sephora, également âgée de 16 ans, exprime sa fierté à l’idée que leur œuvre soit exposée au château : "C’est une expérience inoubliable pour nous. On n’a jamais eu l’occasion de faire quelque chose d’aussi unique, surtout à Versailles. Ça me rend fière !".
Le vernissage de l’œuvre est prévu les 15 et 16 juillet, et les jeunes participants, dont beaucoup n’ont jamais visité le château, auront leur première découverte en même temps que l’exposition.
L’œuvre retournera ensuite dans le Puy-de-Dôme pour une exposition d'un an (lieu à définir). Si d’autres jeunes souhaitent rejoindre le projet, des places sont encore disponibles. Pour s’inscrire, il suffit de respecter certaines conditions, comme résider dans une commune de moins de 3500 habitants et être âgé de 14 à 30 ans.







