Les violences sexistes et sexuelles ne font souvent pas partie des formations suivies par les professionnels de santé. Le Conseil régional prend des mesures pour changer cela, en lançant une expérimentation dans les écoles de formation d'infirmiers et d'aides-soignants.
Ce programme a déjà été mis en œuvre à Bourges, où des étudiants de première année en soins infirmiers, comme Marius et Méry, ont participé à un atelier de quatre heures. L'objectif est de leur enseigner à détecter des signes révélateurs de violences sexistes ou sexuelles. "On pense souvent aux blessures physiques, mais le retrait social, par exemple, est un indicateur à prendre en compte. Il est crucial de rester mentalement réceptif pour répondre aux besoins des patients", partage Marius.
En 2025, plusieurs féminicides dans la région ont été recensés, touchant des femmes de tous âges, de 30 à 92 ans. Magali Bessard, vice-présidente du Conseil régional, appelle à un questionnement systématique dans les consultations médicales afin de mieux détecter ces situations. "Un questionnaire systématique sur les relations de couple pourrait nous permettre d'identifier les victimes potentielles", insiste-t-elle.
François Bonneau, président du Conseil régional, souligne la nécessité d'encourager les victimes à s'exprimer : "Il est fondamental de briser le silence qui les enferme. C'est le premier pas pour aborder ce sujet délicat".
Cette approche proactive est également mise en avant par Vincent Raynaud, animateur au planning familial d'Orléans, qui note une augmentation des révélations de violences grâce à des questions directes posées aux patients. "Nous sommes passés de 3% à 30% de révélations directes. C'est en cherchant activement que l'on découvre la vérité, au-delà des seules violences visibles", explique-t-il.
Les soignants eux-mêmes ne sont pas épargnés ; 48% d'entre eux en Centre-Val de Loire rapportent avoir personnellement subi des violences sexistes et sexuelles. Parmi celles-ci, 60% proviennent de patients, 18% de collègues et 14% de leurs supérieurs. Mathilde Bruyère, directrice de la fédération régionale des droits des femmes, insiste sur l'importance de fournir les informations nécessaires, telles que les contacts d'associations d'aide, pour accompagner les victimes dans leur démarche.







