Rappelons ses films emblématiques : «Drugstore Cowboy» (1989), «My Own Private Idaho» (1991), «Prête à tout» (1995), «Will Hunting» (1997), «Elephant» (2003), et «Harvey Milk» (2008). Gus Van Sant est une légende du cinéma moderne, couronné d'une Palme d'or et quatre fois nommé aux Oscars. Ses histoires, ses personnages ont vraiment marqué le monde du septième art.
Fin mars, Van Sant était à Paris pour promouvoir son 18e long métrage, «La Corde au cou». Dans plusieurs interviews, notamment pour «Sud Ouest», le cinéaste se révèle d'une nature généralement réservée. Son attitude ne fait pas preuve de mépris, bien au contraire. Il donne le sentiment d'être accessible, engageant une conversation autour d'un café, sans jamais se draper dans les formalités d'usage, malgré sa stature dans le milieu. Cependant, il reste souvent évasif.

Délicatesse
Quand on lui demande s'il lui a manqué de réaliser des films durant ces huit années, il répond: "J'ai été mobilisé par d'autres activités, notamment la réalisation d'une mini-série consacrée à Truman Capote." Il tempère cependant la portée politique de son nouveau film, qui s'inspire d'un enlèvement survenu en 1977 à Indianapolis, déclarant : «Non, je pense que ce ressentiment fait partie de la condition humaine, quelle que soit l’époque.»
Dans «La Corde au cou», Tony, l'antagoniste, est à la fois inquiétant et attachant, reflétant cette humanité imparfaite que Van Sant préfère toujours explorer. De ce film, il précise : «Ce qui m’intéressait, c’était de montrer ses émotions, sans imposer de surplomb moral.»
Gus Van Sant favorise les contraintes budgétaires pour affirmer son style. Il soulève la question de la créativité face à des budgets réduits : «J’aime travailler comme ça, avec des contraintes. Je ne me sens pas moins libre.» Et finit avec un sourire mélancolique, emportant avec lui son mystère.
« La Corde au cou », de Gus Van Sant, avec Bill Skarsgård, Dacre Montgomery, Colman Domingo. Durée : 1 h 44. Sortie en salle le mercredi 15 avril.
Funk et lutte des classes
Tony Kiritsis (Bill Skarsgård) agit sous le coup de la détresse. Ruiné, il enlève Richard Hall (Dacre Montgomery), fils d'un homme qu’il tient pour responsable, exigeant cinq millions de dollars en rançon. Les événements tragiques des années 70 plongent le film entre thriller et critique sociale, éclairant le ressentiment qui demeure intemporel dans notre société.







