Le 11 février dernier, le Sénat a approuvé une loi destinée à mieux gérer les installations des gens du voyage dans les communes françaises, suscitant diverses réactions parmi les élus, selon Midi Libre.
Votée à 235 voix, cette proposition vise à "empêcher les intrusions et à faire porter les frais aux responsables". Elle octroie davantage de pouvoir aux communes concernant les installations non autorisées de gens du voyage.
Chaque année, plus de 1 300 passages de gens du voyage sont recensés dans 78 départements, accompagnés de plus de 500 installations illégales, comme le souligne Damien Michelet, sénateur LR de l’Isère, qui affirme à Midi Libre qu'une action est nécessaire.
Laurent Burgoa, sénateur LR du Gard, soutient que cette loi aide à "renforcer le pouvoir des élus". Les maires auraient ainsi la possibilité d'interdire le stationnement hors des aires aménagées et de requérir des évacuations forcées, avec la saisie possible des véhicules non résidentiels.
Un cadre réglementaire insuffisant
Rémi Nicolas, co-président du schéma départemental des aires d’accueil, fait remarquer qu'il est impératif que les élus soient en phase avec la réglementation existante. Actuellement, il admet que, dans le Gard, l'absence d'aires de grand passage dissuade les communes de s'engager dans cette direction :
"Sans incitations, les maires n'y voient que des inconvénients".
Du côté de l'opposition, Hussein Bourgi, sénateur PS de l’Hérault, met en avant l'inefficacité de la loi : "569 installations illégales en 2024, mais seulement 149 condamnations". Il souligne le manque de respect des obligations par les élus.
En se basant sur des chiffres alarmants, nos confrères rapportent qu'un nombre significatif d'aires d'accueil restent encore à réaliser, malgré le projet de loi qui souhaite inciter les élus à leur création. Il est prévu que les équipements d'accueil soient intégrés aux quotas de logements sociaux pour mieux répondre aux besoins des gens du voyage.
Rémi Nicolas reconnaît que "deux mondes se côtoient sans véritable communication", appelant aussi à une pédagogie active et à une médiation essentielle pour améliorer les relations entre les communautés sédentaires et itinérantes.







