Besançon (France) – Frédéric Péchier, un anesthésiste de Besançon reconnu coupable en décembre d'une série d'empoisonnements, a formulé une demande de mise en liberté mercredi devant la cour d'appel de Besançon. Son souhait? Se préparer efficacement pour son procès en appel.
Incarcéré depuis son jugement du 18 décembre, ce médecin de 54 ans, qui maintient son innocence, a souligné l'importance d'augmenter son équipe de défense en recrutant Emmanuelle Franck, connue pour avoir défendu Cédric Jubillar. Cette nouvelle avocate, selon lui, nécessite des rencontres fréquentes pour examiner les détails du dossier complexe qui l'attend.
Péchier a cité que la pression du temps le contraint, car il doit être rejugé dans un délai approximatif d'un an. Lors de son unique rencontre avec son avocat actuel, Randall Schwerdorffer, les échanges ont été limités et compliqués selon les conditions de détention actuelles.
Ce dernier procès a duré trois mois et demi et a été particulièrement chargé d'émotion, le condamnant pour avoir empoisonné 30 de ses patients, avec 12 décès liés, en sapant la sécurité des poches de perfusion pendant sa période de service dans deux cliniques de Besançon. Ces actes auraient été motivés par des conflits avec d'autres soignants.
Isolement et attentes
Désormais placée à l'isolement, la routine de Frédéric Péchier se compose de mots croisés, et il réfléchit à sa défense. La requête de sa défense pourrait également se traduire par une assignation à domicile avec un bracelet électronique.
Les autorités judiciaires envisagent de maintenir l'incarcération en raison des craintes de suicide, de fuite ou de pressions potentielles sur les témoins. Selon une source proche du dossier, sa libération pourrait déranger l'ordre public, ce qui soulève des préoccupations.
Une défense controversée
Frédéric Berna, avocat représentant plusieurs parties civiles, a affirmé que "Péchier ne devrait pas avoir la liberté de se promener tranquillement dans Besançon d'autant plus qu'il a des liens directs avec les victimes". Il insiste également sur le fait que le maintien de Péchier en détention est essentiel, non seulement pour garantir sa présence au procès, mais aussi pour sa propre protection.
Péchier avait précédemment tenté de mettre fin à ses jours. Il continue de revendiquer son innocence, déclarant qu'un empoisonneur opérait dans l'une des deux cliniques où il a évolué, mais ce refus de responsabilité pose des questions sur la légitimité de son appel.
Le choix d’un nouveau lieu pour le procès, qui devrait rassembler presque 200 parties civiles, est encore en discussion, avec une préférence exprimée par ses avocats pour Paris ou Lyon afin d’assurer une procédure équitable, allant à l'encontre de la demande de la cour d'appel de Besançon pour traiter l'affaire sur place.
La cour de cassation aura, en dernière instance, à trancher sur cette demande complexe lors des futures audiences.
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