Pierre Paraire, artiste, syndicaliste et auteur, a récemment publié un livre au titre provocateur : Visite guidée de la cellule de Nicolas Sarkozy, disponible depuis janvier 2026 aux éditions "Il est midi". Cet ouvrage met en lumière la stratégie de victimisation qu'utilise l'ancien président dans son dernier récit, Le Journal d’un Prisonnier.
Pour saisir l'essence de la démarche de Pierre Paraire, il faut revenir à un moment charnière. En octobre 2025, Nicolas Sarkozy était incarcéré à la prison de la Santé pour des accusations d'association de malfaiteurs dans le cadre de l'affaire du financement libyen. Alors que ce procès a bénéficié d'une couverture médiatique relativement discrète, l'incarcération de Sarkozy a suscité des émotions fortes au sein de l'opinion publique et a fait l'objet d'une attention médiatique inédite.
Une stratégie de victimisation…
Selon Pierre Paraire, qualifiant cette prison de "la cellule la plus médiatisée de France", le récit de Sarkozy est avant tout une manœuvre pour se redorer le blason. "La surmédiatisation des circonstances de sa détention a été exploitée pour son ouvrage. Il y présente son quotidien carcéral en adoptant le rôle de victime. Cela lui permet de tenter de se justifier aux yeux du public et peut-être d'envisager un retour sur la scène politique ensuite," explique-t-il.
Cette approche, selon Paraire, cherche à transformer des manquements politiques majeurs en une narration tragique personnelle. En focalisant son récit sur ses conditions de détention et le sentiment d'injustice qu'il ressent, Sarkozy détourne l'attention des accusations qui pèsent contre lui. "On déplace le débat du financement illégal vers la cellule de prison, réduisant ainsi la gravité des actes reprochés à un simple malaise psychologique," indique le critique.
…entretenue par les médias
Tout en exerçant un contrôle sur le récit de sa propre incarcération, Sarkozy a aussi bénéficié d'un traitement médiatique favorable. Après sa condamnation, des critiques ont émergé, certains éditorialistes accusant le procès d'être biaisé et dirigé par des juges animés d'objectifs politiques.
Cette remise en question de l'indépendance judiciaire engendre des répercussions sérieuses, alimentant un climat de défiance envers la justice. Selon Paraire, "ce type de victimisation légitime l'extrême droite et pourrait influencer le futur politique de notre société," tout en soulignant que la condamnation de Sarkozy doit également être vue comme une preuve de la maturation démocratique : "Un ancien président n'est pas au-dessus des autres citoyens devant la loi."







