Lors d'une déclaration récente, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé qu'un "avis négatif" serait émis concernant la proposition de loi visant à relancer l'exploitation des énergies fossiles dans les territoires d'outre-mer. Cette décision, qui sera discutée au Sénat, souligne la position claire du gouvernement en matière de transition énergétique.
"Il est inacceptable que la France soit perçue à l'international comme un pays soutenant des projets nuisibles à l'environnement," a affirmé Barbut, précisant que cela compromettrait les efforts de la France dans le domaine écologique.
Proposé par le groupe macroniste (RDPI), comprenant de nombreux sénateurs ultramarins, le texte vise à lever l'interdiction de recherche et d'exploitation des hydrocarbures. Cependant, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a déjà annoncé une position défavorable du gouvernement à cet égard.
Barbut a également évoqué les conséquences écologiques de cette relance, arguant que "les dégâts infligés aux écosystèmes seraient considérables, tandis que les bénéfices économiques restent incertains." Elle a déclaré : "Ce n'est pas être dogmatique, mais une nécessité d'aligner nos actions avec nos engagements globaux." Son opposition à Naïma Moutchou, la ministre des Outre-mer, illustre le dilemme entre visions économiques et préoccupations environnementales au sein du gouvernement.
Une promesse trompeuse et irresponsable
Les partisans du texte avancent des arguments en faveur du développement économique, notamment pour la Guyane. Cependant, Barbut a déclaré que cela équivalait à une "promesse trompeuse et irresponsable." Selon elle, les impasses écologiques à long terme l’emportent largement sur les gains économiques à court terme.
Des ONG environnementales, en désaccord avec cette initiative, ont averti les sénateurs en qualifiant la proposition de loi de dangereuse pour les écosystèmes locaux. Cet appel à la prudence est soutenu par de nombreuses voix au sein de la communauté scientifique, qui appellent à une transition vers des énergies renouvelables plutôt que le retour vers les hydrocarbures. La déclaration de Barbut rappelle la position forte de la France avec des coalitions internationales telles que Beyond Oil and Petrol.
Comme le souligne l'opinion d'un analyste de Le Monde, "ce débat est révélateur des fractures politiques en France concernant l'avenir des énergies. La dichotomie entre croissance économique et durabilité écologique est plus forte que jamais."







