Mobilisé depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron a intensifié ses efforts pour interdire l'accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. Lors d'une récente visite à Rochefort, il a échangé avec des collégiens sur les conséquences de ces plateformes et sur leur impact sur la santé mentale des adolescents. "Le cerveau de nos enfants n'est pas à vendre", a-t-il déclaré, réitérant son engagement pour la protection des mineurs.
Le projet de loi a été voté en première lecture à l’Assemblée nationale, recueillant 130 voix favorables contre 21. Le soutien est large, englobant des députés de diverses tendances politiques, à l'exception notable des Insoumis et de quelques écologistes. Le texte doit maintenant être examiné par le Sénat avant son application potentielle dès la rentrée prochaine.
« Reprendre le contrôle »
Les témoignages des élèves aux côtés du président ont révélé à la fois les avantages et les inconvénients de leur utilisation des réseaux sociaux. D'un côté, ces outils peuvent permettre de créer des liens et d'atténuer le sentiment d'isolement ; de l'autre, ils sont souvent liés à des problèmes comme le décrochage scolaire et le cyberharcèlement. Selon une étude réalisée par une commission parlementaire, près de 65 % des enfants de 6 à 8 ans sont actifs sur les réseaux sociaux, ce qui soulève des questions concernant leur bien-être.
Les députés Laure Miller et Arthur Delaporte, qui ont mené cette enquête, ont mis en lumière la nécessité urgente d'engager des politiques visant à « reprendre le contrôle » sur l'univers numérique des jeunes. Parmi leurs recommandations, l’interdiction pour les moins de 15 ans figure en bonne place, accompagnée de propositions telles que l'éducation des jeunes de 15 à 18 ans à la gestion de leur temps d'écran.
Alors que la France pourrait bien devenir le deuxième pays au monde à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs, la question de l'application de cette loi est cruciale. Le gouvernement est d'ores et déjà en train d'explorer diverses méthodes pour garantir la vérification de l'âge des utilisateurs.
Cette législation marque un tournant dans la lutte contre les effets néfastes des réseaux sociaux sur la jeunesse, confirmant ainsi l'engagement fort de l'État à protéger les plus vulnérables dans un monde de plus en plus numérique. Dans un cadre où le temps d'écran semble exploser, l’adoption de ces mesures apparaît d'une importance capitale pour prévenir les dérives liées à une utilisation excessive.







