Paris (France) (AFP) – Dans un tournant significatif, le gouvernement français a affirmé que le futur des Outre-mer ne devait pas dépendre de l'exploitation des hydrocarbures. Mercredi, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a précisé la position du gouvernement face à la proposition de loi qui vise à relancer des projets d'exploration de combustibles fossiles, examinée ce jeudi au Sénat.
"Nous avons une décision claire : le gouvernement est contre cette PPL (proposition de loi). La position de la France, à l'échelle internationale, doit rester cohérente et nous ne pouvons pas soutenir un texte qui compromettrait cette image", a expliqué Monique Barbut à l'AFP.
Ce projet, porté par le groupe macroniste (RDPI), qui compte plusieurs sénateurs ultramarins, cherche à "lever l'interdiction de recherche, d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures" sur ces territoires. Cependant, le gouvernement a réaffirmé son opposition. Roland Lescure, le ministre de l'Économie, défendra cette position au Sénat.
Le débat sur l'exploitation des hydrocarbures n'est pas nouveau. En 2022, Manuel Valls, ministre des Outre-mer, avait évoqué la nécessité d'ouvrir le sujet, provoquant des dissensions au sein du gouvernement. Alors que des initiatives se multiplient, la loi Hulot de 2017 interdit déjà toute prospection d'hydrocarbures en France. De plus, un permis d'exploration de TotalEnergies au large de la Guyane a expiré en 2019 sans résultats probants.
Les opinions sont partagées au sein du gouvernement. La ministre Naïma Moutchou, favorable à la relance de l'industrie pétrolière local pour des raisons économiques, s'oppose à Monique Barbut, qui souligne les risques pour l'environnement. Selon elle, "soutenir cette initiative aurait des conséquences désastreuses sur les écosystèmes".
Dangers pour les écosystèmes
"Je ne vois pas comment cela pourrait véritablement aider au développement de la Guyane, tandis que les dégâts sur l'environnement seraient indéniables", a-t-elle ajouté. Par ailleurs, la compétition pour l'or noir est manifeste en Guyane, où la découverte des ressources pétrolières brésiliennes suscite l'envie.
La situation est particulièrement préoccupante à Saint-Georges de l'Oyapock, un petit village de 4.000 habitants, tandis que de l'autre côté de la frontière, la ville brésilienne d'Oiapoque, avec ses 30.000 résidents, profite des retombées de l'exploitation pétrolière. Les pays voisins comme le Suriname et le Guyana exploitent également leurs propres champs pétroliers, laissant la France face à un dilemme majeur sur la voie à suivre.
Les ONG environnementales ont également exprimé leur mécontentement face à la proposition de loi, la qualifiant de "promesse trompeuse et irresponsable". Au cœur des préoccupations, la préservation de l'environnement pourrait bien l'emporter sur les intérêts économiques à court terme.
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