La journée dédiée aux Républicains à l'Assemblée nationale a été marquée par des tensions palpables, culminant avec l'adoption d'une résolution visant à inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. Toutefois, les travaux des députés ont été entravés, laissant sans réponse des questions cruciales comme l'usage des armes à feu par les forces de l'ordre ou le travail le 1er Mai.
Laurent Wauquiez, leader du groupe Les Républicains (LR), a exprimé sa frustration à la fin de la journée en soulignant les deux résolutions adoptées, mais en dénonçant un comportement qui selon lui « nuit à la démocratie ». Il a fustigé l'attitude de la France Insoumise, qui aurait selon lui, « détourné l'attention de sujets essentiels ». Ce dernier a commenté : « Cinq heures passées ce matin à discuter des Frères musulmans, alors que nous n'avons pas pu aborder la question des travailleurs français. »
Le climat de la séance s'est intensifié, avec des rappels au règlement et des suspensions fréquentes, en grande partie à l'initiative de la gauche cherchant à gagner du temps. Les « niches parlementaires » doivent obligatoirement se terminer à minuit, limitant ainsi le temps de débat.
Dans l'après-midi, les députés ont voté en faveur d'une résolution non contraignante qui demande à la Commission européenne d'engager une procédure d'inscription des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes. Bien que le gouvernement ait reconnu l'importance d'agir contre cette mouvance, Éléonore Caroit, ministre de la Francophonie, n'a pas soutenu le texte, le qualifiant de juridiquement fragile.
Les critiques ont fusé de la gauche, notamment de Dominique Voynet, une écologiste, qui a décrit la situation comme une « diversion politicienne opportuniste ». Lors des débats enflammés, Laurent Jacobelli, député RN, a évoqué les positions des Insoumis sur les Frères musulmans et a appelé à des sanctions pour ses adversaires politiques.
L'Assemblée a également adopté une résolution visant à suspendre la création de nouvelles agences administratives afin d'alléger les finances publiques. Plus tard dans la journée, le débat principal a porté sur une proposition de loi concernant l'utilisation légitime des armes par les forces de l'ordre. Cette mesure, soutenue par le gouvernement, avait pour but de clarifier la présomption de légitime défense, modifiant le cadre légal pour les agents de police.
Malgré cela, de nombreux représentants de la gauche ont exprimé leurs réserves, soulignant le risque d'une impunité accrue pour les forces de l'ordre. Pouria Amirshahi, député écologiste, a déclaré que cette mesure créerait un sentiment d'insécurité entre la police et la population.
En raison des tensions, les députés Insoumis et écologistes n'ont pas pu voter avant minuit, ce qui a conduit Mathilde Panot, cheffe des députés LFI, à faire état de sa satisfaction quant à la résistance de son groupe face aux propositions de la droite et de l'extrême droite.
Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, a cependant reproché aux Insoumis de dénigrer les forces de l'ordre. De plus, des textes concernant la régulation du travail le 1er Mai et des restrictions sur le port du voile par des mineures n'ont pas pu être examinés en raison du manque de temps. Le président du groupe MoDem à l'Assemblée, Marc Fesneau, a critiqué l'image déplorable de la politique française à travers ces débats houleux.







