Une enquête récente menée par Mediapart met en lumière une affaire inquiétante impliquant la fondation des Patriotes pour l’Europe, le think tank du groupe parlementaire du Rassemblement national (RN) au Parlement européen. En effet, il apparaît que cette structure, sous la direction de deux membres notables du RN, a recruté Manuel Corchia, un néonazi suisse, pour des missions de communication.
À seulement 25 ans, Corchia est le fondateur de deux groupuscules néonazis notoires et a promu des idées extrêmes, telles qu'une « solution finale » face au « grand remplacement ». Selon l'enquête de Mediapart, il a été engagé à deux reprises en février de cette année, d'abord pour une table ronde à Strasbourg, puis pour une conférence à Vienne sur la liberté d'expression.
Les responsables de la fondation, dont Raphaël Audouard et l'eurodéputée Mathilde Androuët, n’auraient-ils pas été au courant des antécédents de leur prestataire ? Une simple recherche sur Internet révèle une multitude d’articles sur Corchia, notamment son rôle dans la formation de l'Eisenjugend, un groupe néonazi prônant une guerre civile. En 2020, il a même été filmé en train de faire des salutations nazies lors d'une conférence à Zurich.
Les conséquences d'une telle embauche
Dans un contexte où l'extrême droite cherche à se légitimer et à faire disparaître l'image d'un passé controversé, l'embauche de Corchia soulève de sérieuses interrogations. D'après Mediapart, la députée autrichienne du FPÖ, Petra Steger, employait également un membre de la Junge Tat en tant qu'assistant parlementaire, ce qui laisse supposer des connexions plus profondes au sein des rangs du RN et des groupes d'extrême droite européens.
Les déclarations de Manuel Corchia sur l'immigration en Europe, où il appelle à une « solution globale » au-delà de l'expulsion des criminels, reflètent une idéologie xénophobe et haineuse qui inquiète de nombreux observateurs. Plusieurs experts s'accordent à dire que ce type de recrutement pourrait miner la crédibilité des institutions européennes. "Il est primordial que les responsables politiques prennent conscience de leurs choix et des implications qui en découlent", déclare une source proche des affaires européennes.
Cet incident, loin d’être anodin, soulève des questions sur l’intégrité et les valeurs des partis d’extrême droite en Europe, et met en lumière la nécessité d’une vigilance accrue face à des idéologies nuisibles qui continuent de se répandre.







