"C'était une horreur. Tout s’est écroulé", confie Yilsmaris Blanco, observant avec désespoir les ruines laissées par le double séisme dévastateur qui a frappé Catia la Mar, l'une des localités les plus touchées du pays. Ce désastre a anéanti de nombreux bâtiments, provoquant plus de 160 décès et environ 1.000 blessés selon les recensements.
À 39 ans, Yilsmaris exprime sa gratitude pour sa survie, mais son cœur se serre en pensant à ceux qui pleurent des proches ensevelis sous les décombres. "Nous n'avons plus rien. Aucune force pour affronter la situation", ajoute Larry Rojas, un homme de 49 ans parmi les milliers de sinistrés d'un quartier où près de 200 immeubles ont été touchés.
La région de La Guaira, à quelques pas de la mer des Caraïbes, a été officiellement déclarée "zone sinistrée". C'est ici, à 40 minutes au nord de Caracas, que les dégâts sont les plus visibles. Les reporters de l'AFP ont pris des images déchirantes témoignant de la destruction, laissant entrevoir un bilan bien plus lourd.
Des résidents, dans un acte désespéré, appellent leurs proches disparus; certains, comme une famille vue par l'AFP, ont déjà récupéré les corps de victimes transportées dans un pick-up. Lisbeth Vasquez, 37 ans, qui a échappé à un bâtiment effondré, insiste : "Ce qu’il nous faut, c’est de l’aide. Une aide réelle et immédiate."
Les secouristes sont à pied d'œuvre parmi les décombres, s'efforçant d'apporter secours, tandis que d'autres citoyens empruntent leurs propres chemins pour retrouver des proches. José Pacheco, responsable des opérations du Groupe de sauvetage uni du Venezuela, a exprimé avec angoisse : "Nous avons besoin d'équipement technique et de spécialistes de Caracas pour venir aider ici. Les structures sont dans un état catastrophique."
L’expérience de ce secouriste de 52 ans, qui a vu d'innombrables catastrophes, souligne la gravité de la situation : "Je n'ai jamais vu un tel désastre. Le tremblement a été plus puissant que lors des précédents séismes." Les habitants sont maintenant confrontés à de nouvelles angoisses, alors que des répliques continuent de faire trembler le sol.
Des bâtiments sont fissurés, d'autres ont complètement disparu, ne laissant qu'un amas de débris. L'éclairage fait défaut et de nombreuses personnes errent dans l'obscurité, craignant de nouvelles secousses. Des témoignages recueillis par l'AFP révèlent également une situation d'urgence alimentaire. La pharmacie de Catia la Mar est complètement détruite, et ses rayons sont vides. Les autorités n'ont pas encore confirmé s'il y a eu des cas de pillages.
Antonio Bermúdez, 45 ans, garde en mémoire le moment où sa maison s’est effondrée sur lui. Il était chez lui lorsqu’il a été pris au piège sous un débris. "J'ai tout essayé pour me protéger, mais l'immeuble s'est écroulé rapidement. J'essaie de revenir à la réalité, mais je suis toujours sous le choc de cet événement tragique", raconte-t-il.
Confrontés à l'absence de services de base, y compris d'eau potable, des milliers de personnes se tournent vers les autorités, réclamant une assistance immédiate. "Nous avons besoin de soutien, d'une aide substantielle pour accéder aux bâtiments effondrés", conclut Larry Rojas, sa voix empreinte d'urgence.







