Ce lundi 15 juin, l'Arcom a été ferme en adressant un rappel à l'ordre à CNews, soulignant une tendance marquée vers un traitement unilatéral de l'actualité sur ses plateaux. Cette décision fait suite à un signalement émis par Reporters sans frontières (RSF), basé sur une analyse approfondie de 168 heures de programmes.
Pour la première fois, l'Arcom n'a pas seulement examiné le temps de parole politique, mais a pris en compte le pluralisme dans la ligne éditoriale de la chaîne. Dans son communiqué, le régulateur de l'audiovisuel a mis en avant la "prédominance" de points de vue similaires sur des sujets clés tels que la sécurité, le conflit en Ukraine, l'immigration et l'islam. Selon l'analyse, CNews, propriété de Vincent Bolloré, manifeste un biais évident vers un certain courant de pensée.
Cette mise en demeure fait suite à une sollicitation du mois de janvier dernier par l'organisation RSF, incitant CNews à rectifier sa ligne éditoriale sous peine de sanctions financières pouvant s'intensifier à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Interrogée par l'AFP, la direction de la chaîne a préféré rester silencieuse pour le moment.
Avant de rendre ce verdict, l'Arcom a passé en revue les principales émissions de CNews, notamment "L'Heure des pros", "La Grande interview", "Morandini Live" et "Punchline", diffusées en mars 2025, période étudiée par RSF.
Une convergence préoccupante des opinions
Les constats de l'Arcom sont clairs. Le régulateur a identifié une "forte convergence des points de vue" au sein de CNews, notant une focalisation des discussions principalement autour de la menace perçue de l'immigration et de l'islam, tout en critiquant systématiquement le gouvernement et l'Union européenne. Martin Ajdari, président de l'Arcom, a confirmé cette évaluation, soulignant la nécessité d'une diversité d'opinions.
Cette intervention sans précédent découle d'un changement significatif dans les règles du jeu initié en 2024. À cette époque, le Conseil d'État avait ordonné à l'Arcom d'intensifier son contrôle. Ainsi, l'organisme ne se limite plus à suivre le temps de parole, mais doit également s'assurer que toutes les voix et opinions sont représentées de manière équilibrée sur les plateaux.
En vue des élections présidentielles de 2027, Martin Ajdari a aussi annoncé l'instauration d'une surveillance renforcée sur le respect de la diversité des opinions parmi les principales chaînes d'information de la TNT, y compris BFMTV, CNews, LCI, et franceinfo.







