Inaugurée le 4 juin, l'exposition mettant en avant les sculptures en résine « Les Baigneuses » de Christian Rampnoux a été la cible de plusieurs attaques. Ce week-end, la situation a atteint un nouveau sommet lorsque l'œuvre intitulée « Le Grand Bain » a été jetée dans le canal.
« Trois actes de vandalisme, deux comportements irresponsables », s'indigne Rampnoux, qui, ce lundi 15 juin, se retrouve face à une situation délicate. « Les expositions en extérieur présentent toujours des risques », admet-il, bien qu'il ait déjà fait face à de telles situations par le passé. « À Agen, cela semble avoir franchi un cap », ajoute l'artiste.
Les premières dégradations ont été observées quelques heures après l'inauguration. Selon des témoins, un sans-abri, visiblement troublé par la présence de la statue, l'a dégradée au Pin, près du lieu où un autre marginal avait perdu la vie suite à une agression violente. Les sculptures ont également subi d'autres attaques, notamment un liquide corrosif qui a endommagé les peintures des œuvres placées aux Cornières. « Cela reste incompréhensible », commentera Rampnoux, en évoquant son désir de voir ses créations respectées.
Déplacement ou annulation ?
Christian Rampnoux partage son inquiétude : « Je ne comprends pas pourquoi ces sculptures semblent attirer des actes de dégradation. Elles sont habillées, sans aucune provocation. » Face à cette situation, la mairie d'Agen envisage plusieurs options. Dorian Janray, adjoint en charge de la dynamisation du centre-ville, annonce la tenue d'une réunion pour délibérer sur le futur des sculptures. « Aucune option n’est écartée, mais nous restons déterminés à protéger ces œuvres », précise-t-il.
L'artiste, toutefois, n'exclut pas la possibilité que ses œuvres soient retirées : « L'expérience aux Sables-d'Olonne nous sert d'exemple ; plusieurs sculptures avaient été déplacées dans un parc sécurisé après des vandalisations. Je ne voudrais pas que de tels défis soient lancés ici à Agen. » Rampnoux assure avoir les moyens pour réparer ses œuvres, mais il redoute de devoir y consacrer tout son été.
En attendant, la ville se retrouve face à un dilemme : préserver l'art en plein air, si particulièrement vivant, tout en protégeant ces créations fragiles des aléas de la société. L'avenir des Baigneuses reste donc flou, mais un appel à la responsabilité collective se fait entendre, unissant citoyens et artistes autour du respect du patrimoine culturel.







