Les efforts des compagnies aériennes pour réduire les indemnités dues aux passagers ont échoué. En effet, une récente réforme validée par le Parlement européen et les États membres, après des discussions prolongées, a choisi de maintenir le barème d'indemnisation en cas de retard dépassant trois heures ou d'annulation de vol.
Les États membres avaient plaidé pour une diminution des compensations, mais le Parlement européen s'est opposé fermement à ces changements. Ainsi, le système d'indemnisation tel qu'établi par le règlement CE 261/2004, en vigueur depuis 20 ans, reste applicable. Ce dernier stipule un dédommagement de 250 euros pour les vols de moins de 1.500 kilomètres, 400 euros pour les trajets compris entre 1.500 et 3.500 kilomètres, et 600 euros pour les longs courriers.
Le coût de ces compensations, évalué à 8,1 milliards d'euros par an, pèse lourdement sur les compagnies. Nombre d'entre elles expriment que ce cadre les pousse à annuler des vols plutôt que de les retarder, par peur d'indemniser en chaîne les passagers des vols suivants. Les gouvernements souhaitaient augmenter le seuil requis pour bénéficier d'indemnisation à quatre heures pour les vols jusqu'à 3.500 km, et six heures pour les distances supérieures, tout en plafonnant les indemnités à 500 euros.
La plateforme Flightright, qui défend les droits aériens, a averti que si ces modifications avaient été adoptées, jusqu'à 60% des passagers éligibles auraient perdu ce droit. De plus, cela aurait pu se traduire par une chute d'environ 25% des montants accordés.
D'autres victoires pour les passagers
François Kalfon, député européen, a déclaré : "C'est une victoire pour le Parlement et les passagers. Nous avons contré le grand retour en arrière que souhaitait le Conseil, grâce au lobbying des compagnies aériennes sur les compensations."
Cette réforme doit pour l'instant être officiellement ratifiée par le Parlement et le Conseil, un processus qui devrait prendre environ six semaines, avant publication au journal officiel et entrée en vigueur dans 20 jours.
En parallèle, d'autres avancées ont été validées. Les compagnies aériennes n'auront plus la possibilité d'imposer des frais additionnels aux parents désirant s'asseoir à côté de leurs enfants. De plus, des frais faramineux pour les corrections d'erreurs sur les noms lors de la réservation ne seront plus acceptés.
Il est à noter que malgré ces progrès, les parlementaires n'ont pas réussi à interdire les frais concernant les bagages en cabine. Une proposition avait été présentée pour que les compagnies incluent gratuitement un bagage à main jusqu'à 7 kg et un petit sac dans le prix du billet.







