Objectif Sénat. Le Rassemblement National (RN) s’efforce de trouver sa place au sein de la Haute Assemblée, une chambre qui reflète les territoires. La date du 27 septembre est surlignée dans les agendas des stratèges, car les grands électeurs (parlementaires, conseillers régionaux et départementaux, délégués municipaux) devront choisir de nouveaux représentants pour la moitié des 348 sièges au Sénat.
Alors que le Sénat n'était guère une priorité pour le RN, qui en appelait à sa suppression en 2014, le parti vise désormais à former un groupe sénatorial, un objectif réalisable uniquement avec au moins dix sénateurs. Ce mouvement s'inscrit dans une dynamique plus large, à dix mois des élections présidentielles, cherchant à capitaliser sur le succès aux municipales, où le RN a décroché de nombreuses mairies, renforçant ainsi sa toile d'influence.
Les élections sénatoriales représentent également une occasion pour le RN d'effacer le cordon sanitaire qui l'entoure depuis longtemps. L'alliance avec l'UDR, dirigée par Éric Ciotti, aspire à optimiser leur visibilité électorale. Ce dernier devra également convaincre les membres déçus des Républicains. Une bonne partie des sièges renouvelables se trouve dans des zones où le RN, jadis peut-être sous-estimé, pourrait faire preuve d’ambitions. Edwige Diaz a récemment déclaré : "Il y a une carte à jouer" pour ces élections, soulignant l'importance d'une campagne de proximité.
Une présidence pour Diaz ?
Des rumeurs circulent sur la possibilité qu’Edwige Diaz prenne la tête du groupe sénatorial, souhaitant influencer les débats au Palais du Luxembourg et répliquer la politique engagée à l'Assemblée nationale. Cependant, cela dépendra de son succès lors des élections. La Gironde, un territoire longtemps hostile au RN, pourrait devenir un terrain favorable, symbole d'un changement potentiel.
En 2020, Edwige Diaz avait récolté seulement 73 voix parmi les 3 500 grands électeurs de Gironde. Avec la dynamique post-municipale, le RN s'affiche aujourd'hui devant environ 180 grands électeurs. Pour obtenir un siège de sénateur, il faut généralement entre 300 et 400 voix. Néanmoins, le soutien provenant des petites villes de moins de 9 000 habitants, où les label politiques sont moins déterminants, constitue un atout. Grâce à des années d'engagement, Diaz pourrait mobiliser le soutien nécessaire pour atteindre cet objectif, marquant ainsi une étape cruciale dans l’ascension du RN dans la région.







