Une nouvelle manifestation s'est tenue ce mardi 2 juin 2026 à Châteauroux et Bourges, où de nombreux avocats se sont regroupés pour revendiquer le retrait total du projet de réforme de la justice criminelle. La mobilisation s'intensifie, alors que le texte doit arriver à l'Assemblée Nationale à la fin de ce mois.
Depuis plus de deux mois, les avocats de la région sont partiellement en grève pour s'opposer à cette réforme. À Bourges, environ une trentaine d'avocats se sont réunis, tandis qu'à Châteauroux, une dizaine a également marqué sa présence. Malgré un éventuel recul du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, sur certaines dispositions du texte, l'inquiétude demeure au sein de la profession.
Débats autour de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité
Le point de contention majeur est la création d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), qui a été décrite par Marie-Laure Briziou-Henneron, bâtonnière des avocats de Châteauroux, comme semblable à un système américain où la reconnaissance des faits ne laisse place qu'à une discussion sur la peine. Cette méthode, bien qu'elle puisse raccourcir les procédures, suscite des inquiétudes quant à l'équité des débats, tant pour les accusés que pour les victimes.
Marie-Laure Briziou-Henneron souligne l'importance de l'audience comme espace nécessaire pour que toutes les parties puissent s'expliquer : "C'est un cadre fondamental pour les victimes, leur permettant de se reconstruire." Ces préoccupations sont partagées par de nombreux avocats à travers la France, comme l'indiquent des articles d'Le Monde.
Les avocats restent fermes sur leurs exigences
La demande des avocats n'est pas d'adapter le texte, mais de le retirer complètement. "Une adaptation peut mener à des dérives à long terme," avertit la bâtonnière. Ce modèle, à l'origine présenté comme visant à simplifier certains cas, pourrait engendrer des conséquences désastreuses, comme l'ont récemment indiqué plusieurs journalistes de France Info.
Préoccupés par l'extension potentielle des CRPC, les avocats rappellent que des affaires de violences faites aux femmes, jugées dans ce cadre, peuvent impliquer des victimes qui ne sont pas pleinement informées des procédures. De plus, la mobilisation rappelle que, bien que le ministre ait annoncé une exclusion de nombreux faits criminels des CRPC, la méfiance reste ancrée. "Ce texte semble davantage économique qu'éthique," conclut Marie-Laure Briziou-Henneron.
Les avocats préparent également une "journée Justice morte" le 29 juin, lors de l'examen du texte à l'Assemblée Nationale, tout en poursuivant leur grève des CRPC-défèrements, sans perturber d'autres procédures.







