En position de faiblesse, le Liban se voit contraint de discuter avec Israël pour mettre fin aux conflits et retrouver sa souveraineté. Cependant, l'État libanais peine toujours à désarmer le Hezbollah, comme l'indique le corédacteur en chef de "L’Orient-Le Jour".
C'était inévitable. Le Liban semble une fois de plus être le grand perdant de la situation actuelle. Sans cessez-le-feu efficace, qui semble de plus en plus illusoire, le pays peut continuer à subir les bombardements israéliens sans protection, alors qu'une pression iranienne pourrait aussi le contraindre à intégrer une paix qui renforcerait le Hezbollah et l'emprise iranienne sur le territoire.
Les négociations directes avec Israël, qui pourraient débuter prochainement, offrent une lueur d'espoir. Elles pourraient replacer l'État libanais au centre de la discussion, lui permettant ainsi de défendre ses intérêts méprisés tant par Tel-Aviv que par Téhéran.
Beyrouth doit démontrer qu'il est en mesure de négocier un cessez-le-feu, un retrait israélien du Liban-Sud, et un accord durable pour mettre un terme à cet état de guerre incessante, qui ne fait qu’accroître la dévastation du Liban.
Une paix froide en perspective
Il y a quelques mois, nous soutenions que les conditions n'étaient pas réunies pour une paix avec Israël et qu'un retour à l'accord d'armistice de 1949, dans une forme renforcée, serait plus judicieux. Les circonstances ont changé. L'aventurisme du Hezbollah, ayant entraîné une métastase des violences, ne nous laisse d'autre choix que d'évoquer la paix avec Israël si nous souhaitons préserver notre intégrité territoriale.
Toutefois, le véritable enjeu ne réside pas tant dans la volonté de signer une paix avec Israël, mais dans notre capacité à garantir son respect par les différentes factions composant notre pays. Pour cela, notre légitimité à négocier avec Israël reposait sur nos tentatives de désarmement du Hezbollah, mais cela a été un échec retentissant.
Le Premier ministre Nawaf Salam, bien qu'animé par la volonté de faire avancer les choses, se trouve isolé et sans ressources face à la complexité politique, où des alliés historiques du Hezbollah semblent se dresser contre l'État. Le président du Parlement et des figures politiques influentes entretiennent une connivence qui rend le dialogue avec le Hezbollah extrêmement problématique.
Dans un climat déjà chargé de tensions, engager des négociations avec Israël paraît plus risqué que jamais. La communauté internationale, et en particulier les États-Unis, doit porter un regard critique sur ces développements, et se demander si un accord digne de ce nom est véritablement réalisable dans une telle ambiance.
Ainsi, les négociations libano-israéliennes semblent vouées à l'échec, une vérité que Tel-Aviv, Téhéran et, espérons-le, Beyrouth ne peuvent ignorer. Reste à voir si cette réalité sera entendue à Washington et comment les États-Unis choisiront d'intervenir sur ce dossier délicat.







