L'essentiel
Ce mardi 17 mars, le parquet de Paris a alerté les autorités américaines sur une possible "valorisation artificielle" des entreprises X et xAI par Elon Musk. Selon des magistrats, la controverse entourant les images à caractère sexuel générées par Grok, l'IA de X, pourrait avoir été exploitée à son avantage.
La justice française reprend une fois de plus son enquête dans les affaires du magnat des technologies. La section cyber du parquet de Paris a saisi les autorités américaines sur de possibles manipulations des valorisations financières de Musk.
Les magistrats s'inquiètent de l’augmentation artificielle de l'utilisation de son réseau social X, dans le cadre d'une préparation pour une introduction en bourse imminente. Des enquêteurs auraient recueilli ces allégations lors de leurs investigations contre X, dont les ramifications incluent des profondes préoccupations sur la recommandation algorithmique des contenus et la création de deepfakes à caractère sexuel non consensuel.
Les éléments proposés aux autorités américaines, disponibles en source ouverte, laissent supposer que la controverse autour de ces deepfakes pourrait avoir été orchestrée spécifiquement pour rehausser la valeur de ses entreprises, selon ce qu'a rapporté Le Monde.
Une stratégie déjà mise en œuvre
Les enquêteurs italient d'ores et déjà sur les comptes et les déclarations passées de Musk. À plusieurs reprises, il a exprimé sa fierté pour les capacités de "déhвabillage" de son IA, allant jusqu'à partager des images provocantes de lui-même. Au fil du temps, il a aussi mis en avant les performances croissantes de son IA, rivalisant avec des systèmes tels que ChatGPT de OpenAI.
Cette méthode lui a déjà réussi par le passé ; en août 2018, il avait réussi à faire grimper le cours de l’action Tesla de 6 % après avoir évoqué la possibilité de retirer son entreprise des marchés financiers, ce qui avait conduit à un règlement de 40 millions de dollars avec la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis.
Cependant, le cas de Grok soulève des inquiétudes. Une étude menée par l’ONG AI Forensics a révélé que, durant une semaine surveillée, la moitié des images générées par l’IA étaient problématiques, certaines d’entre elles affectant des enfants de moins de cinq ans. xAI a tardé à prendre des mesures pour limiter la production d’images inappropriées, agissant uniquement dans les pays où la législation l’exige.
Enquêtes et prochaines étapes
Plusieurs initiatives ont été mises en place. En Europe, la Commission européenne a entamé une enquête sur le respect des règles édictées par le Digital Services Act, tandis qu'aux États-Unis, une action collective a été lancée contre xAI par trois victimes, dont deux mineures.
Elon Musk a été convoqué par la justice française pour une audition qui se tiendra le mois prochain. Linda Yaccarino, ancienne directrice de X, sera également présente. Ces auditions permettront aux dirigeants de s’exprimer sur les faits et propos spécifiques, comme l’a indiqué la procureure de Paris, Laure Beccuau. Des employés de X sont également appelés à témoigner entre le 20 et le 24 avril.







