Le conseil municipal de Saint-Denis s'annonce tumultueux après l'élection du nouvel édile insoumis, Bally Bagayoko. Le socialiste sortant, Mathieu Hanotin, et ses soutiens ont été accueillis par des boos et des sifflets de la foule.
Acclamé par des sympathisants rassemblés sur la place de l'hôtel de ville, Bally Bagayoko a prêté serment en tant que maire de Saint-Denis-Pierrefitte, une ville qui a fusionné avec Pierrefitte-sur-Seine en 2025 et compte désormais près de 150 000 habitants, faisant de lui le premier maire de cette tranche de la plus grande municipalité dirigée par La France insoumise.
Bagayoko a pris la parole dans la salle des mariages, proposant une main tendue à ses opposants : « Si Mathieu Hanotin et son opposition sont disponibles, nous leur tendons la main. Mais si c'est pour créer le chaos, ce ne sera pas accepté », a-t-il déclaré, selon les informations diffusées par Le Figaro.
Cette élection vient sonner la fin de six années de gestion socialiste, alors que Hanotin n'a obtenu que 32,7% des suffrages. L'ancien maire a exprimé son indignation face aux attaques racistes subies par Bagayoko pendant et après la campagne électorale : « C'est un scandale », a-t-il affirmé, en demandant le respect dû à tout élu de la République.
Dès le soir du 15 mars, Bagayoko a été la cible d'attaques sur les réseaux sociaux, dans lesquelles ses commentaires sur Saint-Denis auraient été déformés. Ce type de désinformation a été relayé par plusieurs médias, ce qui a amené Bagayoko à réagir : « L'extrême droite a une perception très différente de la réalité et elle cherche à diviser », a-t-il ajouté, comme rapporté par TV Mag.
D'un discours entaché de huées et de sifflets occasionnels de la part des partisans de LFI, Hanotin a reconnu avoir sous-estimé les attentes de proximité des électeurs. Un moment tendu a eu lieu lorsque des manifestants l'ont interpellé avec des slogans tels que « 1 tour K.O. », auxquels il a répondu en insistant sur le fait que sa gestion ne sera pas marquée par la brutalité politique.
Des applaudissements ont salué Elsa Marcel, élue de Révolution Permanente, qui a critiqué la minute de silence pour Quentin Deranque, ce qui a provoqué des répliques accompagnées de chants patriotiques lorsque Bagayoko a battu le pavé en tant que maire nouvellement élu.
Cette prise de pouvoir, symbolisant un changement profond dans le paysage politique de Saint-Denis, a été officialisée avec la cérémonie de passation de l'écharpe tricolore, un moment marqué par la présence de symboles historiques dans cette ville riche d'histoire.
Bagayoko a conclu en soulignant l'importance de l'unité au sein de la communauté, affirmant qu'il n'acceptera aucune stratégie visant à écarter les voix divergentes, tout en s'engageant à se concentrer sur les véritables préoccupations des habitants.







