Quelques jours après la disparition d'Ali Larijani, homme clé du régime iranien, le cours du Brent atteint des sommets, risquant d'atteindre les 200 dollars sans intervention efficace à Téhéran. Dans ce contexte, Donald Trump navigue sans stratégie claire, ignorant les avertissements de ses conseillers du Pentagone et de la CIA, notamment sur le piège d'Ormuz et l'épuisement des ressources militaires américaines face à un conflit prolongé.
Alors que Trump évoque tour à tour la fin rapide du conflit et l'option d'un déploiement de troupes, sa gestion semble refléter une spirale dans laquelle il est difficile d'échapper sans conséquences majeures. Cela s'exacerbe avec l'imminence des mid-terms et les dissensions au sein des factions républicaines qui avaient voté pour un président anti-interventionniste.
La mort de Larijani. Au mois de mars, les États-Unis ont marqué un tournant en éliminant le chef des bassidjis et Ali Larijani, augmentant ainsi les tensions. Joe Kent, un fervent trumpiste et chef du contre-terrorisme, a démissionné, accusant Trump d'agir sans l'avis des professionnels, influencé par des lobbys pro-Israéliens tels que Benjamin Netanyahou. Kent a argumenté que l'Iran ne représentait pas une menace immédiate.
Larijani, bien qu'important, ne saurait être le seul symbole du pouvoir iranien. L'Iran est devenu une entité complexe, marquée par des luttes internes et des tensions grâce à des jeux d'influence extérieurs. La mise en lumière de figures comme Larijani ne signifie pas nécessairement un affaiblissement de la République islamique.
Un climat de tensions en hausse : La démission de Joe Kent révèle une fracture au sein de l'appareil sécuritaire américain, soulignant des désaccords sur l'approche interventionniste en Syrie.
Le président Trump, loin de simplement se laisser influencer, agit selon une logique immédiate et spectaculaire. Loin d'une stratégie à long terme, son approche ressemble plutôt à une démonstration de force focalisée sur des coups spectaculaires, tels que l'élimination d'un leader. Cette stratégie pose la question de savoir si le désordre créé à long terme pourrait renforcer le régime iranien plutôt que de l'affaiblir.
Les enjeux israéliens : La stratégie actuelle d'Israël ne se limite pas à une simple dissuasion. Elle vise un démantèlement progressif de l'influence iranienne dans la région, un processus ampli qui pourrait réécrire les relations stratégiques entre Israël et ses voisins.
En observant la dynamique actuelle, on voit que l'objectif d'Israël va au-delà du simple effondrement du régime iranien. Il s'agit également d'une reconfiguration régionale qui pourrait isoler l'Iran durablement et consolider différentes alliances arabes avec Israël.
La réaction iranienne face à cette agression pourrait également jouer un rôle crucial dans le renforcement du nationalisme au sein du pays, un phénomène que l'on a déjà observé dans l'histoire récente. Les bombardements extérieurs tendent à renforcer la solidarité nationale plutôt qu'à créer une division au sein de la population, comme l'illustre la guerre Iran-Irak ou l'assassinat du général Qassem Soleimani.
Une analyse approfondie des dimensions énergétique et économique du conflit montre qu'une escalade prolongée pourrait se transformer en crise mondiale. La hausse du prix du pétrole pourrait alors engendrer des répercussions automatiques sur l'économie globale, poussant à des tensions sociales dans divers pays, y compris ceux engagés dans des conflits militaires comme les États-Unis.
Enfin, l'ombre de la Russie plane sur cette situation. L'instabilité au Moyen-Orient permet à Moscou de tirer profit des hausses des prix des hydrocarbures et de détourner l'attention de l'Occident de la guerre en Ukraine, tout en renforçant son propre statut sur le marché énergétique. Cela s'inscrit dans un paysage international gonflé par des intérêts variés, mettant en lumière les difficultés de son équilibre stratégique actuel.







