Depuis le 28 février, la situation à Téhéran est devenue critique. Incessantes, les frappes israéliennes et américaines frapperont sans relâche, laissant la population dans un état d'inquiétude permanent. Azar, 35 ans, témoignera de cette réalité tragique à travers les mots de ses proches restés en Iran.
Les communications avec ses parents sont devenues précaires. "Les appels durent souvent moins de trois minutes", confie-t-elle. Chacun d'eux est un moment d'angoisse où il faut s'assurer de la survie des siens. "C'est un parcours du combattant", estime Bahram*, un autre expatrié, pendant que le régime iranien, tout en intensifiant la répression, a coupé l'accès à Internet.
Les sources de communication alternent entre cartes téléphoniques prépayées et applications non sécurisées. Dans ce climat de guerre, on note des cas d'arrestation de personnes essayant d'obtenir des terminaux Starlink, une tentative de contourner la censure gouvernementale.
Les témoignages d'Azar et de Bahram illustrent la tension palpable dans la capitale iranienne. "Ma mère prend des somnifères pour dormir", explique Azar. "Elle voit les explosions depuis sa fenêtre, et elles s'enchaînent quand vient la nuit. C'est comme une guerre psychologique." Cette réalité quotidienne est marquée par l'épuisement psychologique des habitants.
Leurs proches se battent pour garder une apparence de normalité. "Ma mère ne cesse de dire qu'elle peut entendre des bruits, mais lors d'un récent appel, elle était très angoissée, les murs tremblaient", raconte Bahram. Les bombardements n'épargnent pas les infrastructures et ont plongé Téhéran dans un nuage de fumée toxique, exacerbant le quotidien déjà difficile.
Les défis sont également économiques. Dans ce climat de guerre, le prix des denrées alimentaires a explosé, affectant la vie des habitants. "Le riz et le pain deviennent inaccessibles, les gens se retrouvent dans la pauvreté", témoigne Ashi, belle-sœur de Belhi. À l'approche du nouvel an iranien, prévu le 20 mars, beaucoup craignent que les célébrations traditionnelles de cette période ne soient étouffées par la tristesse ambiante.
Malgré l'horreur, le désir de vivre continue de prévaloir. Azar conclut : "Mes parents me parlent de festivités. Ils essaient de maintenir une illusion de normalité. Mais c’est un combat quotidien, une lutte pour la survie dans un environnement devenu hostile."*Tous les prénoms ont été modifiés.







