Mark Carney a réagi fermement aux déclarations de Donald Trump, qui prétendait que le Canada "n'existe que grâce aux États-Unis" et qu'il devrait faire preuve de gratitude. Carney rappelle que la prospérité du Canada découle de ses propres valeurs et de sa souveraineté. Pendant son discours à Québec, il a affirmé que le Canada est "maître chez lui", se faisant l'écho des inquiétudes générées par les propos de Trump sur une supposée annexion du pays.
Le Premier ministre canadien a quitté le Forum économique mondial de Davos sous les applaudissements, après avoir évoqué une "rupture" de l'ordre mondial. À son retour, il a tenu un discours unificateur dans un lieu chargé d'histoire, les plaines d'Abraham, affirmant : "Ce champ de bataille symbolise le choix historique du Canada d'opter pour la collaboration plutôt que la division". Cependant, cette interprétation ne fait pas l’unanimité.

Les souverainistes québécois dénoncent ce qu'ils considèrent comme un révisionnisme historique, indiquant que l'histoire canadienne, marquée par des tentatives répétées d'assimilation de la nation canadienne-française, ne peut être réécrite ainsi. Leurs critiques soulignent que les promesses de changement, notamment durant les référendums de souveraineté, ont souvent été trahies.
Lors de son discours, Carney a parlé d'un "pacte" entre les peuples fondateurs, affirmant que l'adhésion des Québécois à la confédération canadienne relevait d'un choix librement consenti, malgré de nombreuses frustrations. Cette assertion a été jugée par certains commentateurs comme une remise en question de l'intégrité historique.
Pour éclairer cette discussion, des historiens rappellent que la bataille de 1759 ne marque pas le début de l'Amérique du Nord britannique, mais s'inscrit dans une série de conflits complexes influençant l'avenir colonial. Patrick Lavoie, historien à l'Université Laval, déclare : "La défaite française en 1759 a été mal interprétée comme le basculement définitif d'une époque à une autre, ce qui occulte les nuances historiques nécessaires à une compréhension complète".
Dans son allocution à Québec, Carney a conclu par une phrase forte en réponse à Trump : "Le Canada est prospère parce que nous sommes canadiens". Une déclaration qui, si elle vise à unir, risque d’enflammer les tensions existantes, notamment entre les différentes cultures du pays.
En somme, cette récente polémique soulève des questions fondamentales sur l'identité nationale canadienne et la manière dont son histoire est perçue, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ses frontières.







