Le drame s’est intensifié en Indonésie, où un glissement de terrain survenu près de Bandung a déjà causé 17 pertes humaines et pourrait faire grimper ce chiffre, alors que 73 personnes restent introuvables.
Des familles dans la douleur attendent des nouvelles de leurs proches au village de Pasirlangu, à 25 km au nord-ouest de Bandung, où un immense éboulement a frappé vers 2 heures du matin, provoqué par des pluies torrentielles incessantes.
Aep Saepudin, un homme désespéré, a déclaré : "Il est impossible qu'ils soient encore en vie. Je veux juste que leurs corps soient retrouvés". Parmi les disparus, il cherche 11 membres de sa famille, dont sa sœur.
Abdul Muhari, porte-parole de l'Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB), a confirmé que le bilan s’élevait à 17 victimes, tandis que des sources locales indiquent que 73 personnes sont encore portées disparues.
Plus de cinquante habitations ont été gravement touchées et 650 personnes évacuées en raison de l’éboulement, selon les autorités locales.
Pour tenter de retrouver les disparus, environ 2.000 militaires, policiers et volontaires, armés d'équipements lourds, participent aux opérations de secours au pied du mont Burangrang, dans un contexte météorologique peu engageant, comme l’a rapporté une journaliste de l'AFP.
Les secours avancent prudemment, creusant manuellement afin d’éviter tout risque de nouvel éboulement causé par l'instabilité du terrain. "Ce qui nous inquiète le plus, ce sont les risques de glissements de terrain futurs", a souligné Rifaldi Ashabi, un secouriste de 25 ans.
- Contexte environnemental -
Les glissements de terrain sont une tragédie récurrente en Indonésie pendant la saison des pluies, qui s’étend d’octobre à mars. En novembre dernier, des inondations ont déjà touché l'île de Sumatra, causant plus de 1.200 décès et déplaçant des centaines de milliers d’habitants.
Les experts de l'environnement, y compris le gouvernement indonésien, pointent du doigt la déforestation, qui exacerbe ces catastrophes naturelles. Cette semaine, les autorités ont annulé les permis de 28 sociétés d'exploitation forestière, minières et hydroélectriques, suite aux graves inondations récentes.
Dedi Mulyadi, gouverneur de Java occidental, a attribué cette catastrophe à l'expansion des plantations de légumes entourant Pasirlangu, et s'est engagé à reloger les résidents affectés. "Cette région devrait être reboisée. Les habitants devraient être relogés, car le risque de glissement de terrain demeure élevé", a affirmé M. Mulyadi.
Selon le projet Atlas Nusantara, plus de 240.000 hectares de forêts primaires ont été rasés en 2024 en Indonésie, une situation alarmante étant donné que ces forêts jouent un rôle crucial dans l'absorption des eaux de pluie et la stabilisation des sols.







