Près de deux siècles après sa disparition des cours d’eau corréziens, le castor fait son grand retour. Observé récemment dans le Sorpt à Chasteaux, son apparition suscite l’intérêt des naturalistes qui s’efforcent d’élucider son parcours migratoire.
Le castor avait disparu en Corrèze en raison de la chasse pour sa fourrure et le castoréum, une substance prisée dans la parfumerie. Aujourd'hui, il a été redécouvert près du lac du Causse, et des signes indubitables de son installation continuent d’émerger. Les membres du Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin (GMHL) explorent ces indicateurs, signalant le retour du riparian ingénieur de l'écosystème.
Lors d’une promenade dans les environs, on peut observer des traces de son passage, comme des troncs rongés. Pascal Le Bihanic, expert en faune sauvage, explique : "Ses dents fonctionnent comme des ciseaux à bois. Il utilise ses incisives pour tailler jusqu'au cœur du bois". Les écorces arrachées et les souches soigneusement sculptées témoignent de l’activité acharnée de cet animal au comportement ingénieux.
Le castor, souvent décrit comme “l’ingénieur de la nature”, joue un rôle significatif dans la régulation des rivières. Christian Desmier, expert en biologie aquatique, ajoute: "Il modifie le débit des rivières grâce aux barrages qu'il construit, créant des zones humides et revitalisant ainsi la vie aquatique".
Des questions sur ce retour
Le mystère demeure concernant son arrivée dans cette région. Les réintroductions de castors avaient eu lieu uniquement dans la Loire, près de Blois, dans les années 1970, n’étant donc pas initialement liées au bassin versant de la Corrèze. Cependant, il est plausible qu’ils sachent traverser d’autres versants. Christian Desmier confirme: "Nous savons qu'il est présent dans la Dordogne, en Gironde, et il a aussi été aperçu près d'Albi. Dernièrement, il a été localisé dans la Vézère, tout près des méandres de la Corrèze, à Terrasson-Lavilledieu".
Ce retour du castor en Corrèze est une indication positive pour la biodiversité locale, représentant une opportunité de redynamisation de l’écosystème et une invitation à la croissance de la faune aquatique. Les naturalistes surveilleront les évolutions de cette espèce fascinante qui, par sa seule présence, pourrait redonner vie à des zones autrefois dégradées.







