Depuis la capture inattendue de Nicolas Maduro, le président déchu du Venezuela, par les États-Unis le 3 janvier, les réseaux sociaux s'agitent. Certains évoquent le caractère sans précédent de cette opération. Pourtant, l'histoire prend un tournant similaire avec l'enlèvement de Manuel Noriega il y a trois décennies.
Manuel Noriega : l'agent double devenu gêneur
Nous voyageons maintenant vers le Panama, un petit pays d'Amérique centrale qui, depuis 1983, est sous le pouvoir autoritaire de Manuel Noriega. Ce militaire, qui a été un agent à double tranchant pour la CIA depuis les années 1960, a rapidement évolué en baron de la drogue, tout en bénéficiant d'une certaine tolérance de la part des États-Unis.
« Noriega a été considéré comme un élément essentiel dans la lutte contre les mouvements communistes en Amérique centrale, même au prix de fermer les yeux sur ses activités de narcotrafic », souligne Frédéric Ploquin, journaliste et co-auteur de Trafic de drogue… trafic d’États (Fayard).
Le moment de la rupture avec Washington
Avec le temps, Noriega est devenu un embarras pour les autorités américaines. En quête d'autonomie, il menace de dévoiler des secrets liés à la CIA ainsi qu'à son prédécesseur, George Bush père. Cette tension atteint son paroxysme en décembre 1989 lorsqu'un incident impliquant un Marine devient le prétexte d'une intervention militaire connue sous le nom d'opération "Just Cause".
Près de 25 000 soldats américains investissent le Panama pour neutraliser le dictateur, qui s'est retranché dans l'ambassade du Vatican. Finalement, Noriega se rend le 3 janvier 1990, exactement 36 ans avant la capture de Maduro, un fait qui ne passe pas inaperçu.
Après sa capture, Noriega est extradé vers les États-Unis, où il sera condamné pour trafic de drogue et blanchiment d'argent, purgés derrière les barreaux pendant 17 ans. Ce parcours tragique fait écho au destin de Nicolas Maduro, dont l'avenir reste incertain.
Ce parallèle a été souligné par plusieurs experts en relations internationales, qui voient cette opération comme un exemple de l'influence persistante des États-Unis en Amérique latine. Les implications géopolitiques de telles actions soulèvent des questions sur la légitimité et les conséquences d'interventions militaires à l'étranger.
Alors que la communauté internationale observe, le sort de Maduro campe au cœur des débats sur la souveraineté nationale et l'ingérence étrangère.







