L'Iran entre dans sa troisième semaine de contestations, déferlantes après la mort tragique de Mahsa Amini, marquant une révolte sans précédent contre le régime en place. Le pays est secoué par des manifestations massives, notamment ce week-end dernier, où des centaines de milliers de personnes ont envahi les rues malgré un black-out numérique orchestré par les autorités pour étouffer les revendications populaires. Selon l'ONG Human Rights Watch, cette répression a entraîné un nombre alarmant de blessés et de morts, de nombreux manifestants ayant été victimes de tirs à balle réelle.
Dans un témoignage recueilli par la BBC via le réseau Starlink, des médecins iraniens ont évoqué un afflux massif de blessés dans les hôpitaux, notamment à Chiraz, où ils n'ont pas pu faire face à la situation critique. Une vidéo authentifiée montre les corps de plusieurs victimes, illustrant la brutalité du régime face aux demandes de changement. Amnesty International souligne que les forces de sécurité œuvrent dans un climat d'impunité, effectuant des arrestations arbitraires et employant des méthodes violentes contre des civils.
La répression, décrite comme « meurtrière » par des observateurs internationaux, s'accompagne de menaces de condamnations à mort pour les manifestants, renforçant un climat de peur dans le pays. Le procureur général a averti que tous ceux qui participent aux émeutes seront considérés comme des « ennemis de Dieu », soulevant des inquiétudes quant à l'usage croissant de la peine capitale dans ce contexte de mécontentement populaire.
Malgré cette répression, la colère publique devient de plus en plus palpable, incitant à des actions encore plus audacieuses. Le nombre de manifestants aurait atteint un million selon des sources diplomatiques, un chiffre impressionnant qui, bien qu'encore inférieur aux émeutes de 2022, témoigne d'un mécontentement généralisé. Des experts politiques, tels que Amélie Chelly, alertent sur le fait que la capacité des forces de sécurité à contrôler la foule est mise à rude épreuve.
La division de l'opposition reste l'un des principaux atouts du régime théocratique, mais l'urgence de la situation soulève des questions sur leur avenir. Le soutien populaire au régime, bien que réduit, pourrait encore avoir un impact, alors même que des manifestations de plus en plus politiques remettent en cause le pouvoir en place. Un analyste local, sous couvert d'anonymat, a déclaré : « Les Iraniens sont fatigués ; ce n’est pas seulement une question d'économies en crise, mais d’une quête réelle de liberté. »
Alors que les enjeux économiques se creusent, les banques rencontrent des pénuries de liquidités qui exacerbent encore le mécontentement. Selon des rapports, de nombreux Iraniens sont incapables de retirer de l'argent dans les plus grandes banques du pays, une situation qui pourrait rendre les choses encore plus explosives si la crise financière perdure. En somme, l'Iran est à un tournant, où la confrontation entre le régime et le peuple pourrait finalement conduire à des changements fondamentaux, suggérant une nécessité impérieuse pour une attention internationale accrue.







