La rénovation du palais de Westminster, symbole de Londres et siège du Parlement britannique, pourrait s'étaler sur plus de 60 ans et générer un surcoût important si des décisions ne sont pas prises rapidement. C'est ce qu'indique le contrôleur des comptes britanniques, alertant sur l'urgence de la situation.
Les hésitations des responsables politiques aggravent la situation financière. Selon un rapport du National Audit Office (NAO), chaque année de retard peut ajouter jusqu'à 420 millions de livres (environ 485 millions d'euros) au coût total, qui est déjà évalué en dizaines de milliards de livres.
Ce bâtiment classé, de style néogothique et vieillissant, est confronté à des problèmes graves. Il inclut des défaillances des systèmes mécaniques et électriques, des questions de sécurité incendie et des niveaux d'amiante préoccupants, comme le souligne le NAO dans un communiqué.
Le bâtiment, le long de la Tamise, conserve encore une grande partie de ses infrastructures anciennes, issues de sa réconstruction après l'incendie de 1834. La dégradation du palais – marquée par des pannes électriques et des infiltrations d'eau – est une préoccupation qui dure depuis des années. En 2018, des parlementaires avaient déjà voté en faveur de travaux de réparation nécessaires.
Actuellement, le programme de rénovation est à un point tournant. Le parlement devra bientôt choisir entre plusieurs options. Deux d'elles sont soumises par l'instance de pilotage du programme. La première option consiste à déplacer les parlementaires durant la durée des travaux, ce qui permettra de réduire le délai à environ 19 à 24 ans. Toutefois, ce scénario coûterait entre 11,1 et 15,6 milliards de livres (soit 13 à 18 milliards d'euros).
La seconde option implique de maintenir partiellement les parlementaires sur place et pourrait étirer la durée de la rénovation sur 38 à 61 ans, avec un coût pouvant aller jusqu'à 39,2 milliards de livres (plus de 45 milliards d'euros). D'autres propositions envisagent même d'étaler les travaux sur 84 ans.
Il est à noter que la célèbre tour Elizabeth, qui abrite Big Ben, a également nécessité des travaux de rénovation de 2017 à 2022, période durant laquelle la cloche ne s'est fait entendre que très rarement.
Face à cette situation complexe, de nombreux experts soulignent l'importance d'agir rapidement pour éviter que la situation ne s’aggrave. "Sans une intervention immédiate, nous pourrions voir les coûts se multiplier", avertit un économiste de l'Université de Londres.







