La transformation des bureaux en logements semble être une solution séduisante à la pénurie de logements dans les mégapoles telles que New York. D'une part, cela contribuerait à atténuer la pression sur le marché immobilier où les loyers ne cessent d'augmenter. D'autre part, il s'agit de réutiliser des espaces de travail laissés vacants par les entreprises, notamment depuis l'avènement du télétravail. "La reconversion est possible dans presque tous les bâtiments", affirme Joey Chilelli, directeur du groupe Vanbarton, qui a pris l'initiative sur plusieurs projets.
Le quartier de Manhattan voit émerger des projets innovants le long de la rue Water, désormais connue sous le nom de "Conversion Alley". Plusieurs immeubles, dont le Flatiron Building, voient leur usage transformé grâce à des mesures gouvernementales favorables. Toutefois, malgré le taux de vacance résidentielle de 1,55% qui a atteint son plus bas en six ans, le marché reste tendu, avec des loyers médian augmentant.
Un rapport de BFM TV indique que, tandis que le taux de vacance des bureaux atteint 14,6%, ces conversions pourraient ne pas remédier aux problèmes de logement dans un contexte où 70% des New-Yorkais sont locataires. Outre la réutilisation de bureaux, des incitations fiscales et l'assouplissement des règles permettent d'accélérer ce processus, bien que des défis techniques persistent.
Un afflux de logements : près de 18.000 unités créées en quatre ans
Entre 2020 et 2024, plus de 44 projets de conversion, donnant naissance à près de 18.000 logements, ont été mis en œuvre. La planification pour 2024 prévoit 31 conversions, un bond depuis les neuf observées en 2022.
Des initiatives politiques telles que l'engagement de l'ancien maire Eric Adams de créer un demi-million de logements d'ici 2030 témoignent de cette volonté de transformation. Toutefois, la qualité de ces logements ne doit pas être ignorée. Selon des résidents tels que Charles Wisell, qui vit dans l'un des nouveaux complexes, les rénovations incluent des équipements de luxe tels que des gymnases, des piscines et même des salles de bowling.
Ces nouvelles constructions affichent des loyers très élevés, avec un studio débutant à 3.995 dollars, tandis qu'un T2 coûte jusqu'à 6.475 dollars. Dans le secteur communautaire, un studio est disponible pour un prix variant entre 932 et 3.286 dollars, selon les revenus des locataires.
Malgré les avantages évidents, les interrogations persistent quant à savoir si ces conversions répondent véritablement aux besoins de logements abordables dans un marché dominé par les prix exorbitants. En conclusion, même si New York explore de nouvelles avenues pour répondre à sa crise du logement, la réalité des loyers pourrait encore aggraver la situation pour de nombreux résidents.







