Les résultats préliminaires du premier tour de la présidentielle colombienne annoncent un combat serré entre Abelardo de la Espriella et Ivan Cepeda, deux candidats aux visions radicalement opposées. Avec 44 % des voix, de la Espriella devance Cepeda, qui en a recueilli 41 %, alors que 99 % des bureaux de vote ont déjà compilé leurs résultats. Ce second tour, prévu pour le 21 juin, promet un affrontement inattendu.
Ivan Cepeda : un héritage de gauche
Âgé de 63 ans, Ivan Cepeda, fils d’un sénateur assassiné, a été un fervent défenseur des droits humains et un pilier du mouvement pour la paix en Colombie. A l’initiative de la « paix totale », il a œuvré avec la présidence sortante de Gustavo Petro pour engager le dialogue avec les groupes armés, bien que ces efforts aient rencontré des obstacles. Cepeda envisage de poursuivre les réformes progressistes actuelles, notamment une augmentation notable du salaire minimum. Bien qu’il se réclame d’un capitalisme diversifié, il reste une figure ciblée par ses adversaires qui l’accusent d’être un « héritier des Farc », un groupe armé historique du pays.
Abelardo de la Espriella : l'outsider controversé
En revanche, Abelardo de la Espriella, 47 ans, se positionne comme un « outsider » déterminé à défendre la Colombie contre l’avancée de la gauche. Son argumentaire repose sur un renforcement drastique de la sécurité et une coopération militaire avec les États-Unis et Israël pour lutter contre le narcotrafic. Ancien avocat des célébrités et grand amateur de luxe, il propose aussi une réduction significative des dépenses publiques, allant jusqu'à 40 %. Bien qu'accusé de sexisme et d'homophobie durant la campagne, sa popularité demeure intacte, notamment en raison de son style provocateur et de ses promesses de fermeté.
Ce scrutin, marqué par des tensions croissantes, symbolise un dilemme national : continuer vers des réformes progressistes ou revenir à des politiques de droite plus strictes. Les impacts sur l’avenir de la Colombie sont à surveiller de près.







