Le tribunal correctionnel d'Orléans a tranché ce mardi 27 janvier dans une affaire de diffamation impliquant un ancien dirigeant associatif. Philippe Cheneau, ex-président de l'association Vivre en République Orléans 45, a été condamné à une amende de 4 000 euros, dont 2 000 avec sursis, ainsi qu'à payer 2 000 euros à chacune des deux victimes pour leur préjudice. En sus, il s'acquittera d'un contravention de 600 euros.
Cette affaire remonte à 2021, lorsque le site de l'association a diffusé une photo d'Hamid Khoutoul, adjoint au maire, et d'Abdelhalk Benezzine, agent contractuel à la mairie, les présentant comme des relais des Frères musulmans infiltrant la mairie d'Orléans. Un article accusateur accompagnait la photo, provoquant l'indignation de ces deux personnalités bien connues du quartier de l'Argonne. À leurs yeux, ces allégations infondées n’ont pas seulement terni leur réputation, mais leur ont également engendré des menaces, les poussant à porter plainte.
Lors du procès de novembre 2025, Philippe Cheneau a témoigné sans pouvoir apporter de preuves quant aux assertions faites dans l'article, qui a causé des torts considérables. Notamment, l'Assemblée nationale a récemment évoqué le statut des Frères musulmans, que le député LR Eric Pauget souhaite inscrire sur la liste des organisations terroristes. L'affaire a donc pris une ampleur particulière.
Hamid Khoutoul a partagé lors du procès son vécu difficile. "Être associés aux Frères musulmans et donc à des terroristes, on l'a évidemment mal vécu", a-t-il déclaré, évoquant même des menaces de mort qui l’ont contraint à changer de secteur de responsabilité au sein de la mairie. De son côté, Abdelhalk Benezzine a également vu son périmètre d’action modifié, déclarant que même si cela semblait être une protection, cette situation lui avait indéniablement causé du préjudice.
Cette affaire rappelle les enjeux délicats de la diffamation et ses impacts sur la vie des gens, dans un contexte social déjà tendu. Le tribunal a clairement pris position, envoyant un message fort sur les limites de la liberté d'expression. À Orléans et au-delà, les réactions ne manqueront pas d'affluer.







