Une situation intolérable pour de nombreux parents. Alors qu'une importante mobilisation dans l'Éducation nationale avait lieu à Rennes, Marie, une maman solidaire des grévistes, a été extrêmement contrariée d'apprendre que l'école de son fils en CE1 ne pourrait pas le garder en raison de l'absence de service minimum d'accueil (SMA).
Malgré une loi en vigueur depuis 2008 stipulant que les communes doivent assurer un SMA lorsque plus de 25 % des enseignants sont en grève, cette obligation est fréquemment ignorée. À Rennes, seulement huit sur 89 groupes scolaires avaient mis en place un service d'accueil pour cette journée de mobilisation.
Comme de nombreux autres parents, Marie a dû faire face à des complications imprévues. Elle a ainsi décidé de déposer symboliquement son fils à la mairie, en compagnie d'autres familles, pour faire entendre sa voix. "La ville est responsable de nos enfants pendant le temps scolaire. Si le SMA n'est pas respecté, ce n'est pas aux parents de gérer le manque d'organisation de la mairie", déclare-t-elle, furieuse.
Un service souvent mal assuré
Le cadre légal exige que les communes assurent un accueil sécurisé pour les enfants lorsque les enseignants grèvent, mais de nombreux élus peinent à respecter cette obligation, souvent par manque de personnel. Eric Landot, avocat spécialisé dans le domaine, précise : "De nombreuses villes, en particulier celles qui sont plus grandes, ne parviennent pas à organiser le SMA, souvent en raison de choix politiques ou d'incapacité à mobiliser le personnel nécessaire."
Des agents municipaux, des animatrices ou même des parents sont censés être mobilisés pour encadrer les enfants, ce qui s'avère délicat lorsque ces mêmes agents sont eux aussi affectés par les grèves.
Les enjeux de sécurité
Les communes, comme celle de Rennes, affirment avoir des priorités de sécurité. Elles soutiennent que l’accueil ne peut être garanti que si les conditions d'encadrement sont remplies. Toutefois, cette explication ne convainc plus les parents : "C'est toujours la même rengaine à chaque grève", déplore Marie. Les parents souhaitent une réponse systématique et efficace de la part des municipalités.
Pour tenter de régler la situation, Marie a même introduit une réclamation au tribunal administratif pour obtenir un remboursement des frais de garde d’enfants engagés durant une précédente grève. "Si tous les parents en font autant, je suis sûr qu'ils réaliseront qu'ils doivent améliorer leurs services", ajoute-t-elle avec ironie.
"Il est temps de créer un rapport de force avec la ville pour faire respecter nos droits", conclut Marie, convaincue qu'une mobilisation collective peut faire bouger les choses.







