Alain Orsoni, ancien leader nationaliste corse, a été tragiquement abattu lors des obsèques de sa mère dans le village de Veru, près d'Ajaccio. Cet acte de violence a suscité une onde de choc sur l'île, provoquant des réactions de la part de nombreux responsables politiques et religieux.
Ce mercredi, le cardinal Bustillo, évêque d'Ajaccio, a lancé un vibrant appel à la paix sur France Inter et franceinfo. "Je fais un appel très fort à tous les Corses. Arrêtons ce cycle mortifère de violence. Il est grand temps de pacifier nos esprits et de réfléchir à un avenir serein pour nos enfants," a-t-il déclaré, soulignant l'importance d'une telle discussion dans le contexte actuel.
L'évêque a également critiqué la montée des actes violents sur l'île, en affirmant : "Il y a un crescendo de la violence et des assassinats. Nous ne pouvons pas nous habituer à cette noirceur. La Corse, avec toute sa beauté et son potentiel, doit se détourner de ses démons et embrasser la paix."
Ce constat amer est partagé par plusieurs spécialistes de la violence en milieu insulaire. Selon le sociologue Pierre Renaud, "la Corse doit faire face à un tournant critique. Le retour à la paix nécessite un effort collectif, tant des institutions que des citoyens, pour refuser la loi du silence et ouvrir un dialogue franc et apaisé."
La situation est d'autant plus préoccupante qu'une enquête pour "assassinat en bande organisée" a été ouverte, révélant l'urgence de mettre un terme à ce cycle de violences qui gangrène la société corse depuis trop longtemps. Les Corses, dont l'identité est fortement liée à leur culture et à leur histoire, semblent désormais à un carrefour, entre le désir de justice et la quête de paix.
En cette période troublée, la voix de l'Église occupe une place prépondérante. "Nous devons travailler ensemble pour un avenir meilleur, loin des conflits," a conclu Mgr Bustillo, insistant sur la nécessité de bâtir une île où la splendeur de la Corse prime sur sa laideur.







