Traditionnellement considéré comme un refuge lors des crises économiques majeures, l'or semble aujourd'hui s'inscrire dans une dynamique inédite. À l'instar des grandes crises passées, de 2008 à la pandémie de Covid-19, le prix de l'or a enregistré des sommets vertigineux, franchissant cette semaine le seuil historique de 5 100 dollars l'once. Mais cette tendance pourrait-elle cacher une bulle spéculative qui menace la valorisation à long terme de cette précieuse ressource ?
Dans une analyse récente publiée par le Wall Street Journal, il est souligné que l'or a surpassé cette année divers actifs, y compris les actions américaines et les cryptomonnaies, tel que le bitcoin. Cependant, la réflexion du chroniqueur demeure prudente : "L'histoire et le bon sens nous conseillent de diversifier nos placements au-delà du métal jaune".
Les experts s'interrogent sur cette ruée vers l'or, vivement relayée par des médias comme Bloomberg, qui évoquent les craintes d'une bulle spéculative. "L’once d’or, à 5 100 dollars, pourrait ne pas refléter la réalité économique sous-jacente", déclare une économiste de l'Université de Toulouse. En effet, l'interrogation sur le statut refugé de l'or devient pressante, alors même que les valeurs boursières, comme l'indice S & P 500 à Wall Street, atteignent des niveaux records simultanément.
Une frénésie nouvelle pour les actifs précieux
Un récit publié dans The New York Times illustre une frénésie palpable parmi les traders et investisseurs à New York, alors que le marché des échanges d'or semble revivre une période de forte activité. "Des pancartes ‘Nous achetons de l’or’ fleurissent sur les trottoirs, attirant ceux qui cherchent à monnayer des bijoux ou des métaux précieux", remarque un reporter. Cette dynamique s'éloigne des fondamentaux économiques traditionnels liant or et incertitude.
Ce paradoxe se renforce avec le développement de l'intelligence artificielle, qui redirige des capitaux vers des segments d'investissement jugés plus prometteurs. L'analyste financier à Stirling constate qu'en cas de parallélisme entre l’essor des marchés boursiers et celui de l’or, la perception de l'or en tant que valeur refuge pourrait bien s’estomper. "C’est une période où la dichotomie classique fondée sur la prudence est remise en cause", résume-t-il.
Une nouvelle façade pour un précédé millénaire
Au-delà des fluctuations des marchés, l'or voit également son statut évoluer dans le monde économique actuel, où il est échangé comme n'importe quel autre actif financier. Cette mutation a été accélérée depuis 2008 et ses conséquences n'épargnent même pas les banques centrales qui, selon L’Écho, commencent à diversifier leurs réserves, réduisant leur dépendance au dollar tout en s'attachant de plus en plus à l'or.
Dans ce cadre, les récentes données de la Deutsche Welle soulignent que les réserves d'or de la Russie ont doublé, atteignant 142 milliards de dollars. Pourtant, certaines voix, comme celle d'un chercheur de Harvard, notent que bien que cette valorisation soit significative, elle ne constitue pas la base du financement des activités militaires russes. "Le dynamisme de l'économie russe repose toujours sur ses exportations de ressources", conclut-il.
En dépit des incertitudes, l'or conserve un attrait indéniable. Dans le classement aperçu des meilleurs investissements de 2025, il demeure une option prisée. Les experts s'accordent à dire que dans un climat économique instable, l'or continue d'être un actif incontournable, même si les défis sont nombreux et que son rôle de valeur refuge est plus contesté.







