Une start-up fondée récemment, Windrose, a annoncé un modèle à 195.000 euros, le Global E700, qui crée un froid polaire chez des géants comme MAN, Mercedes, et Scania. Ce prix, près de 100.000 euros inférieur à celui des modèles de Daimler Truck (286.000 euros), pourrait redéfinir les règles du jeu dans l'industrie des poids lourds électriques.
Windrose a également choisi de s'établir en France, près de Valenciennes, pour fabriquer des camions destinés au marché européen. Ce site devrait produire jusqu'à 4.000 poids lourds électriques par an, alors qu'Anvers en Belgique continuera d'opérer comme hub logistique. Lors du sommet Choose France 2025, la société a présenté un camion avec une autonomie de 610 kilomètres, accompagné d'un investissement de 175 millions d'euros et de l'embauche de 300 employés, selon BFMTV.
D'autres entreprises chinoises, comme BYD, qui se concentrent actuellement sur les bus et utilitaires légers, planifient également leur entrée sur le marché des poids lourds d'ici 2026. "Nous sommes les seuls fabricants à produire des batteries, des moteurs électriques et des semi-conducteurs à partir d'une source unique", a commenté Baris Akyalcin, responsable européen des véhicules commerciaux de BYD.
"Nous sommes les seuls fabricants à produire des batteries, des moteurs électriques et des semi-conducteurs à partir d'une source unique".
Le marché des poids lourds électriques peine à se développer, représentant seulement 4,2 % des ventes en Europe selon l'ACEA. Les coûts exorbitants des camions électriques, variant entre 280.000 et 400.000 euros, ainsi qu'un manque d'infrastructures de recharge, persistent comme des obstacles majeurs à leur adoption. En revanche, un camion au gaz naturel coûte entre 120.000 et 160.000 euros.
"Ces camions électriques sont tout simplement trop chers", affirme Roland Rüdinger, un transitaire de renom.
Un marché en très faible croissance... à cause des prix
Ce constat souligne la difficulté à décarboner la flotte de camions. Néanmoins, la situation pourrait changer à la lumière des récents événements géopolitiques. La guerre en Ukraine a fait grimper les coûts des camions diesel, rendant les poids lourds électriques plus compétitifs dans une certaine mesure. Par ailleurs, Bruxelles a décidé d'exempter les camions électriques de péage, incitant ainsi à leur adoption tout en développant l'infrastructure de recharge.
Pour les experts, cette opportunité pourrait être clé pour le secteur. Actuellement, la Chine s'accapare 5 % du marché européen des poids lourds, mais 15 % au niveau mondial, selon l'ONG Transport & Environment. Reste à voir comment les acteurs européens réagiront face à cette pression croissante.







