Le chef Olivier Roellinger, ambassadeur du bien-manger, plaide pour une révolution dans les cantines scolaires.
Olivier Roellinger, chef renommé installé à Cancale, en Bretagne, reste actif dans la promotion d'une alimentation de qualité. Bien que son fils prenne la relève de ses établissements, Roellinger ne se repose pas sur ses lauriers. Il s'investit dans des initiatives visant à sensibiliser le grand public sur l'importance d'une alimentation saine et durable. Lors d'événements comme le Salon du livre gourmand à Périgueux, il a démontré qu'il est possible d'améliorer la restauration collective en collaborant avec des acteurs locaux.
Une alimentation respectueuse de la planète
Roellinger ne se contente pas de s'exprimer sur l'importance de l'éducation alimentaire; il passe également à l'action. Engagé auprès de la Fondation de l'Académie de médecine, il défend le livre blanc intitulé Alimentation aujourd'hui et demain, souhaitant éveiller les consciences sur les enjeux alimentaires contemporains. À travers ses interventions, il rencontre agriculteurs et enfants pour promouvoir un modèle alimentaire basé sur le local et le bio.
La nécessité du fait maison
Madame Figaro. – Qu'est-ce qui vous pousse à défendre une cantine «faite maison» ? Olivier Roellinger. – Mon expérience en tant que pensionnaire m'a marqué. J'ai longtemps observé la qualité médiocre des repas. J'ai collaboré avec des groupes comme Sodexo pour améliorer leur offre, mais face aux profits, nos recommandations ont été négligées. Les cantines doivent retrouver leur authenticité en revenant à la cuisine maison, ce qui nécessite un engagement des municipalités.
Redéfinir le rôle des acteurs de la cantine
Le modèle actuel réduit souvent le travail des agents de cantine à une simple opération de réchauffage. Or, ces professionnels méritent de retrouver un sens dans leur activité. En réalisant des repas maison, ils participent à une démarche vertueuse qui bénéficie aux enfants et à leur propre satisfaction professionnelle.
Le bien-manger est au carrefour de toutes les problématiques actuelles
Le chef Roellinger est convaincu que l’introduction de produits biologiques et locaux dans les cantines a le potentiel de rassembler la communauté autour du bien-manger. Lorsque les enfants goûtent des plats faits maison, ils deviennent eux-mêmes des ambassadeurs de cette bonne alimentation auprès de leurs parents. Ce mouvement est crucial dans un contexte où l'éducation alimentaire a été négligée, entraînant des conséquences graves sur la santé publique.
Il est urgent de repenser notre approche de l'alimentation pour contrer l'augmentation des maladies liées à une mauvaise alimentation. Les enfants, en partageant leur expérience positive à la cantine, peuvent changer les habitudes familiales, participons ensemble à cette transformation.







