Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, a exprimé ce mardi 5 mai une profonde inquiétude concernant le maintien du plafonnement des prix des carburants en France. Dans ses déclarations, il a notamment évoqué une possible cessation de cette mesure si le gouvernement décidait d'instaurer une taxe sur les profits exceptionnels, attribués à la crise au Moyen-Orient. Au premier trimestre, le groupe a enregistré des bénéfices colossaux de 5,8 milliards de dollars.
Dans une interview accordée à Sud Ouest et à La République des Pyrénées, Patrick Pouyanné a clairement affirmé : "En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont souvent déficitaires, nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement dans nos stations en France."
Des marges record
Les derniers résultats de TotalEnergies révèlent une augmentation de 51% des bénéfices par rapport à l'année précédente, soit près de 4,96 milliards d'euros. Ce phénomène risque d'engendrer une éligibilité à la surtaxe sur les multinationales, instaurée par le gouvernement pour les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 1,5 milliard d'euros. Toutefois, l'entreprise n'était pas concernée en 2025, car ses activités étaient alors déficitaires en France.
La redistribution des profits en question
Les profits exceptionnels générés par TotalEnergies ont ravivé les discussions politiques autour d'une taxe ciblée. Des propositions de loi à gauche plaident pour une approche plus sévère, alors même que le gouvernement semble hésiter. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pour sa part incité TotalEnergies à "mettre en place un plafonnement généreux des prix à la pompe", appuyant l'idée qu'une redistribution des profits excédentaires serait attendue. Ces points de vue ont été relayés par La Tribune Dimanche.
Pas de pénurie de carburants en France
Patrick Pouyanné a également clarifié ses propos alarmants tenus fin avril concernant une potentielle "ère de pénurie énergétique". Il n'a jamais évoqué de crise de carburant pour la France, rassurant que l'approvisionnement sera toujours assuré. Toutefois, il a prévenu que les coûts d'acheminement pourraient exploser, ajoutant une pression financière sur les consommateurs : "Nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l’Asie vers la France, donc en payant plus cher."







