Dans une déclaration percutante, Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, a averti que le plafonnement des prix du carburant dans ses stations pourrait être annulé si le gouvernement français décidait d’instaurer une taxe sur les superprofits. Ce commenté intervient alors que le géant pétrolier a enregistré des bénéfices de 5 milliards d’euros au premier trimestre, augmentant la pression sur les décideurs politiques.
Dans une interview accordée à Sud Ouest et à La République des Pyrénées, Pouyanné a souligné : « En cas de surtaxe sur nos raffineries, souvent déficitaires, nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement dans nos stations en France. »
La montée des bénéfices de TotalEnergies, exacerbée par la crise géopolitique au Moyen-Orient, a ravivé les discussions politiques concernant l’opportunité d'une taxation dédiée. Le gouvernement, bien que tempérant les débats, a suggéré que TotalEnergies redistribue ses gains supplémentaires. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a même exhorté la société à établir un « plafonnement généreux des prix à la pompe », comme rapporté par La Tribune.
Une voix discordante dans la crise énergétique
Les résultats impressionnants du groupe, portés à 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d'euros) au premier trimestre, affirment une augmentation de 51 % par rapport à l’année précédente. Cette performance suscite cependant des critiques, certains députés de gauche appelant à réexaminer les politiques fiscales en place.
Pouyanné a également clarifié ses remarques alarmantes sur une possible « ère de pénurie énergétique », précisant qu'il n’a jamais évoqué les pénuries en France, car il estime que le pays sera en mesure de gérer ses approvisionnements. « Je n’ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l’approvisionner, » a-t-il déclaré.
Il a néanmoins admis que même si la France ne devrait pas souffrir d'un manque de carburant, l’importation de carburants plus sophistiqués pourrait entraîner des coûts plus élevés pour le consommateur, dû à la nécessité d'acheminer ces ressources concurrentiellement avec des marchés asiatiques.







