Samedi 17 janvier 2026, une quinzaine d'agricultrices de la FDSEA du Calvados ont réalisé une action symbolique dans un Super U d'Ifs, près de Caen. Chargées de chariots remplis de produits importés, elles ont exprimé leur inquiétude face à une compétition qu'elles jugent déloyale.
Lors de cette intervention, les agricultrices ont mis en avant des produits dont l'origine est souvent floue, voire étrangère, alors que les standards de production en France sont parmi les plus élevés. "Alerter le public sur cette situation est essentiel", a déclaré le syndicat agricole, soulignant la nécessité de défendre les producteurs locaux.
Sarah Cardon, agricultrice au Plessis-Grimoult et membre du syndicat, a expliqué : "Nous ne pouvons pas accepter de mourir. Il y a tellement de produits étrangers sur nos étals alors que nous pouvons produire localement, respectant des normes strictes." Installée depuis cinq ans, elle a partagé son amertume : "Je ne me verse même pas de salaire en raison de la crise actuelle. Il est vital que les consommateurs comprennent l’enjeu.
Les agricultrices ont recueilli un chariot et demi de divers produits, révélant la présence d'articles comme de la compote de pommes ou de l'andouille de Vire, tous deux importés d'autres pays. "Et cela ne prend même pas en compte le rayon des surgelés, où la situation pourrait être pire", a-t-elle ajouté. D'autres acteurs de l'agroalimentaire soutiennent également cette démarche, soulignant que la défense des producteurs français est primordiale pour maintenir le savoir-faire local.
Une récente étude du Ministère de l'Agriculture a également souligné que les produits importés souvent échappent à des normes de qualité imposées aux producteurs français, exacerbant ainsi les préoccupations soulevées par ces agricultrices.
Au-delà des préoccupations économiques, c'est également une question de santé publique que soulignaient les agricultrices : la traçabilité des aliments est essentielle pour garantir la qualité et la sécurité des produits que nous consommons. La montée en puissance de la concurrence étrangère pourrait compromettre ces valeurs fondamentales. À ce titre, des experts en économie agricole, comme ceux du ministère, ont averti que cette concurrence pourrait bientôt causer un effondrement de certaines exploitations familiales.







