Depuis le lundi 12 janvier, le tribunal judiciaire de Rennes examine une affaire d'escroquerie ayant touché des centaines de familles dans le Grand-Ouest, notamment en Bretagne, Normandie et Auvergne Rhône-Alpes, entre 2014 et 2018. Les auteurs se faisaient passer pour des experts en rénovation énergétique, utilisant une méthode astucieuse pour piéger leurs victimes.
Christophe et Catherine, à proximité de Cholet, partagent leur désespoir : "On leur a fait confiance, et ils nous ont emmenés en enfer". Leur calvaire a commencé en 2015 avec la promesse de remplacer leur ballon d'eau chaude, tout en promettant des crédits à des conditions plus avantageuses. Ils ont fini par contracter un crédit de 20 000 € pour des panneaux solaires, un ballon d'eau chaude qu'ils ont payé 8 000 €, bien plus que sa valeur réelle de 2 000 €, et d'autres prêts pour des véhicules qu'ils n'ont jamais achetés. Au total, 40 000 € de crédit endettant leur existence, mais tout cela s'est fait sans leur consentement direct, le signataire des contrats ayant imité leurs signatures.
Depuis, ce couple fait face à un surendettement qui les a même conduits à demander de l'aide aux Restos du Cœur et à se découvrir fichés à la Banque de France.
L'avocat des victimes, Simon Gontran, a déclaré : "Ils ont commencé à recevoir des assignations de paiement de la part de banques, sans une compréhension des crédits auxquels ils étaient liés". Les escrocs avaient fourni de fausses informations pour masquer l'authenticité des contrats, rendant impossible la validation des prêts.
Les investigations ont révélé que les organisateurs de cette escroquerie avaient créé plusieurs sociétés afin de blanchir l'argent. Ils auraient transféré des sommes considérables sur des comptes personnels appartenant à des complices, qui redistribuaient le reste en espèces. Selon Me Arnaud Le Bourdais, l'un des avocats, plus de 440 000 € ont ainsi été transférés sur le compte d'un de ses clients.
Le système a si bien fonctionné que presque dix ans après les faits, le procès n'éclaircit pas entièrement l'affaire. Fait troublant, le principal organisateur n'est même pas jugé, car l'huissier n'a pas pu le citer dans les délais légaux.
Les individus jugés encourent des peines de cinq à dix années d'emprisonnement. Ce procès, qui devrait se poursuivre jusqu'au 16 janvier, soulève des questions sur la sécurité et la surveillance dans le domaine des systèmes de crédit et de financement, laissant des victimes au bord du désespoir.
Des experts appellent à des réformes sur la réglementation des crédits à la consommation pour prévenir d'autres abus similaires, insistant sur l'importance d'un accompagnement renforcé pour les ménages en situation de vulnérabilité.







