Depuis le 8 janvier, l'Iran est plongé dans un black-out numérique total, suivie par les plus importantes manifestations depuis décembre 2025. Cette coupure, qui dure désormais plus de 84 heures, a été décrite par l'ONG Netblocks comme une mesure visant à dissimuler l'ampleur de la répression gouvernementale, alors que des appels à la contestation s'intensifient.
Les manifestations, d'abord déclenchées à Téhéran par des commerçants excédés par l'inflation, aspirent à un changement radical de régime. Reza Pahlavi, le fils exilé de l'ancien chah d'Iran, et plusieurs partis politiques kurdes sont à l'origine de ces revendications populaires, centrées sur la chute de l'ayatollah Ali Khamenei et de son gouvernement.
Les défenseurs des droits de l'homme accusent le régime iranien d'utiliser la désactivation d'Internet pour masquer les violences qui semblent prendre de l'ampleur. Selon certaines sources, au moins 192 personnes auraient perdu la vie depuis le début de cette vague de manifestations, un chiffre qui pourrait être largement sous-évalué du fait des restrictions d'information (France 24).
Cette situation n'est pas un événement isolé ; l'Iran a déjà mis en œuvre des coupures d'Internet dans le passé, notamment en 2019 et lors du mouvement 'Femme, vie, liberté' en 2022. Ces interruptions visent toujours à museler un discours jugé trop critique envers le régime. Comme l'explique Alp Toker, directeur de Netblocks, les autorités iraniennes ont perfectionné leurs méthodes de coupure. Contrairement aux précédentes crises où le processus était lent et chaotique, cette fois-ci, la mise en place d'une coupure nationale a été fulgurante, allant droit au but.
Pourtant, malgré les tentatives de contrôle de l'information, des voix continuent à s'élever, plaidant pour une plus grande transparence et une fin des restrictions. Des experts en cybersécurité et des défenseurs des droits humains insistent sur la nécessité de rencontres internationales pour soutenir le peuple iranien dans sa quête de liberté d'expression.
Alors que la révolte gronde et que la communauté internationale garde un œil vigilant sur la situation, l'avenir des libertés individuelles en Iran reste en jeu. La vigilance est de mise, car chaque blackout numérique résonne comme un appel à la résistance pour ceux qui aspirent à un changement.







