La lutte contre la fraude à la sécurité sociale a été au centre des préoccupations de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Cher, qui a récemment dévoilé un préjudice de 1.333.354 euros pour l'année dernière, une augmentation notable de 6 % par rapport à l'année précédente. À l'échelle nationale, la fraude atteint un montant inquiétant de 723 millions d'euros, représentant une hausse de 15 %. La majorité de cette somme, soit 73 %, provient essentiellement des soins fournis par des professionnels de santé, tels que les centres de santé et les audioprothésistes.
Un fait surprenant, selon les données révélées par la CPAM, est que la plus grande partie de cette fraude dans le Cher émane de professionnels de santé situés hors du département. En effet, 750.000 euros de préjudice enregistré est directement lié à des centres de santé de la région parisienne. Ce phénomène s'explique par le manque de médecins dans le Cher, poussant de nombreux habitants à se tourner vers d'autres régions pour leurs soins.
De plus, un montant de 645.000 euros, correspondant aux paiements évités, révèle une augmentation de 20 %. La CPAM mise donc sur des actions préventives pour réduire les indus, afin d'éviter des procédures de remboursement compliquées. "Nous avons introduit des outils comme Asafo, accessibles aux pharmaciens, pour signaler des anomalies," déclare Gwenaëlle Abdallah, sous-directrice santé à la CPAM du Cher. "Nous collaborons aussi avec des employeurs pour qu'ils puissent nous alerter sur des fraudes potentielles, et renforçons les échanges avec les organismes sur le travail illégal."
Par ailleurs, la fraude commise par les assurés, souvent via des documents falsifiés, ne s'élève qu'à 54.000 euros sur la même période. Audrey Bories, cheffe du service de lutte contre la fraude à Bourges, souligne que "80 % des fraudes débouchent sur des contentieux", et précise que les pénalités peuvent atteindre trois fois le montant du préjudice. Le service est composé de six investigateurs et intervient en coordination avec le Pôle Interrégional d'Enquêteurs Judiciaires de Blois pour traiter les affaires les plus complexes.
Malgré l'absence de poursuites à l'encontre des médecins ou assurés pour des arrêts de travail de complaisance l'an dernier, la CPAM reste vigilante. "Notre capacité d'action est largement dépendante des signalements que nous recevons," explique Gwenaëlle Abdallah. Elle mentionne que la fraude d'assurés se manifeste souvent par la transmission de fausses attestations de salaire, pratique qui peut être rapidement identifiée et stoppée avant tout paiement.
Le passé et les données actuelles nous rappellent l'importance de la vigilance face aux pratiques frauduleuses, notamment dans un contexte où le système de santé face à des défis grandissants.







