Le terme « gâté », désignant un être cher, fait son apparition dans l’édition 2027 du Larousse, soulignant une reconnaissance croissante du parler marseillais, déjà présent dans Le Petit Robert depuis l'année dernière. Le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus, de l’université Aix-Marseille, constate un engouement pour l'intégration de mots régionaux dans les dictionnaires, tant de la francophonie que des dialectes locaux. « Cette tendance témoigne du rayonnement de Marseille sur le paysage culturel français », précise-t-il. En effet, des termes comme « tanquer » et « tarpins » se sont également frayés un chemin dans la langue officielle, illustrant l'influence culturelle marseillaise, notamment par le biais d'artistes comme SCH.
La dualité de la reconnaissance
Cependant, cette consécration linguistique cache un revers : « Plus un mot est utilisé, plus il appartient à tout le monde et moins il nous revient véritablement », note Gasquet-Cyrus. Ce phénomène suscite des réactions mitigées parmi les Marseillais. Ainsi, Néné, admirateur de l'OM, déclare : « On ne peut pas parler comme nous sans avoir l'accent. » À l'inverse, Nico, un Bourguignon ayant fait de Marseille sa résidence, se réjouit de voir de nouveaux mots adoptés : « Tant que l'on sait d'où ça vient, vous pouvez utiliser le vocabulaire marseillais. »
Avertissements sur l'appropriation
Le linguiste souligne également certaines expressions mal employées, telles que « Peuchère », qui devient parfois une interjection générique. Il constate que l'expression « c'est Marseille bébé », autrefois populaire, a été abandonnée par les locaux en raison de son association avec l'appropriation culturelle. Pour compenser ce phénomène, des innovateurs comme l'humoriste Tibo Rugi proposent des alternatives, telles que « mourègue » pour désigner les touristes, tiré du provençal. Gasquet-Cyrus conclut que la langue est un véritable champ de bataille : « La dynamique du parler marseillais est en constante évolution. »







