La pâque orthodoxe, célébrée le 12 avril, représente l'apogée du calendrier liturgique pour les Églises d'Orient. Cependant, cette fête autrefois synonyme de joie s'est muée en un véritable parcours du combattant pour les Roumains, confrontés à une inflation galopante.
Pour beaucoup, Pâques est synonyme de retrouvailles en famille autour d'un déjeuner traditionnel : chou farci, œufs teintés en rouge, pièce de viande d'agneau, brioche aux noix et bon vin. Un festin hérité de coutumes séculaires, ancré dans la tradition orthodoxe roumaine.
La puissance de l'Église orthodoxe en Roumanie est telle que deux jours fériés sont instaurés pour célébrer Pâques, le vendredi saint et le lundi de Pâques. Ce rappel est tiré d'une analyse de la chaîne d'information Digi 24, qui souligne l'importance de ces moments de repos pour les familles.
Cependant, depuis le début des tensions au Moyen-Orient, Pâques est devenu un véritable casse-tête, comme le souligne le quotidien Adevarul : « Les Roumains choisissent de rester chez eux, préférant limiter leurs dépenses pour la fête. Les prix s’envolent, et on assiste à une lutte pour faire face à ces dépenses mensuelles accrues. »
Les augmentations sont frappantes : la poudre de cacao a grimpé de 46 %, le chocolat de 29 %, et la brioche de 17 %. Selon l’analyste économique Adrian Negrescu, cité par Adevarul,
“Cette période de souffrance financière a engendré une forme de compétition pour dénicher les meilleures promotions.”
Ce climat économique incertain a amené de nombreux commentateurs, dont le webzine TVRInfo, à prédire que les célébrations de Pâques cette année seront les plus coûteuses depuis la pandémie. “Les ventes baissent, et beaucoup de consommateurs se contentent de regarder sans acheter, alors que le coût moyen d'un repas traditionnel atteint 500 lei (environ 100 euros).”
Les prix des carburants aggravent cette situation, avec le coût du diesel à Bucarest frôlant les 10 lei (2 euros) par litre, alors que le revenu moyen n’atteint pas les 1 000 euros, selon les données rapportées par Libertatea.
En conséquence, la plupart des Roumains se préparent à une « fête discrète », comme l'écrit le quotidien en ligne Cotidianul. Les préoccupations financières deviennent omniprésentes, avec 85 % des Roumains déclarant éprouver des difficultés à dormir, tandis que 75 % manifestent des inquiétudes face à l'augmentation des coûts des produits essentiels.







